15/12/2022 : Séance solennelle de l’Académie

L’académie littéraire de Bretagne tiendra à 18h00 sa séance solennelle de fin d’année au Muséum d’Histoire Naturelle, présidée par Dominique PIERRELEE, son chancelier, et en présence de Michel COCOTIER, représentant Johanna ROLLAND, Maire de Nantes.
Le chancelier évoquera la disparition cette année de deux de ses membres : Yves-Henri NOUAILHAT et Gaston BOUATCHIDZE.

Présentation du Cahier 2023

Jean-François CARAES, qui en a assuré la préparation et a orchestré les contributions des différents académiciens, présentera le Cahier 2023 intitulé D’île en îles, évocation de la diversité de la réalité insulaire comme de son imaginaire. Après la presqu’île guérandaise l’an passé et dans la volonté d’exprimer la réalité régionale,  la seconde partie de la publication est consacrée à des Regard sur le pays d’Ancenis.

« Les îles ont constamment inspiré auteurs et poètes. Déjà, en 1974, l’Académie de Bretagne avait consacré un Cahier à ce thème récurrent dans la littérature. Cette année, la nouvelle livraison propose de revenir à ces terres particulières, entre le ciel et l’eau, au fil d’articles historiques et littéraires : ce sont d’abord les îles maritimes, proches de nos côtes ou plus lointaines, qui sont évoquées : celles de nos côtes atlantiques plus ou moins proches, mais aussi plus lointaines, à l’autre bout du monde ; puis les îles de Loire qui sont familières, livrées aux caprices des hommes et de la nature, du confluent de la Maine à l’estuaire ; enfin les îles imaginaires, nées de la vision d’auteurs ou d’artistes, propres à nous laisser vagabonder au gré du courant.

Ce vaste panorama ilien est complété par deux cahiers au thème spécifique, l’un consacré au pays d’Ancenis, terre de littérature et d’histoire, et l’autre à la francophonie à laquelle l’Académie voue une attention particulière.

Ce nouveau Cahier de l’Académie nous permet de quitter un temps les rives de notre quotidien et de nous embarquer vers des ailleurs oniriques… »

Sommaire :

Avant-propos (Dominique Pierrelée)
D’île en îles
Îles océanes

  • L’archipel de la baie de Bretagne (Dominique Pierrelée)
  • Noirmoutier, vimer au poing (Henri Copin)
  • Marc-Adolphe Guégan, l’aède de l’île Yeu, tendre rocher (Jean-Louis Liters)
  • L’Archipel des Glénan, essai de géographie littéraire (Annie Ollivier)
  • Enez Aodum, l’île Dumet à travers les âges (Michel Germain)
  • L’archipel des imaginaires : Belle-Ile-en-mer, Marie-Galante, Cythère et les autres (Noëlle Ménard)

Îles douces

  • Îles de Loire, si semblables, si différentes (Jacques Boislève)
  • Sur l’île d’Indret, le dernier château de la Loire (Jean-François Caraës)
  • La mythique île Mabon (Jean-Yves Paumier)
  • Quand les artistes abordent les îles de Loire (Claire Giraud-Labalte)
  • Coup de cœur pour les îles de Loire :
  • A l’île de Béhuard, un maire droit dans ses bottes (Jean Amyot d’Inville)
  • Et pour le reste, on imagine…
  • L’île Ferré de nos vingt ans (Thierry Froger)

Îles d’ailleurs

  • L’impossibilité d’une île (Philippe Josserand)
  • Les îles extraordinaires de Jules Verne (Christian Robin)
  • Des îles et des plumes
  • (Michel Valmer, Éric Fonteneau)
  • « Amporelles et Tabernaudes » (Xavier Noël)

Regards sur le pays d’Ancenis

  • Promenade littéraire au pays d’Ancenis (Jacques Boislève)
  • Un Bayreuth littéraire à Ancenis, le rêve de Léon Séché (Jean-Yves Paumier)
  • Du château d’Ancenis à la région d’Ancenis ou comment l’ARRA est devenue un acteur de la vie locale (Claire Voisin-Thiberge)
  • Au fil des mots : l’oreille du cœur (Gaston Bouatchidzé)

Francophonie

  • L’Asiate, et le Mal jaune (Henri Copin)
  • Une francophonie singulière venue des caraïbes : Daniel Maximin (Malika Pondevie)
  • La francophonie ce thème si cher à mon cœur, Mona Gamal El Dine (Ghislaine Lejard)
  • Les Trobades Albert Camus ou la francophonie en partage (Anne Prouteau)
  • Camus en Khmer… (Henri Copin)

Ils nous ont quittés

  • Gaston Bouatchidzé
  • Yves-Henri Nouailhat

Réceptions de nouveaux membres

  • Pilar Martinez Vasseur (Noëlle Ménard)
  • Denis Moreau (Philippe Josserand)

Quand on parle de l’Académie

  • Les hôtels littéraires (Christian Robin)
  • Prix Plumes d’Équinoxe Océarium 2022
  • Prix de Loire-Atlantique 2022

Remises des prix de l’Académie

  • Prix de l’Académie 2022
  • Prix Jules Verne 2022
  • Prix Yves Cosson de poésie 2022

Publications des académiciens

Distinctions et activités des académiciens
Remerciements et liste des membres
Accueil de nouveaux membres

Intronisation de trois nouveaux membres

La cérémonie sera également marquée par l’intronisation de trois nouveaux membres : deux membres actifs et un membre d’honneur.

Colette LE LAY, présentée par Annie OLLIVIER et Jean-Louis LITERS

Née le 26 mars 1954 à Concarneau, dans la ville close, attachée à ses racines, Colette LE LAY assiste avec bonheur au renouveau de la culture bretonne. Elle enseigne en 1976 comme professeur de mathématiques dans le secondaire, activité qu’elle exerce avec passion. Elle participe notamment à l’application des innovations pédagogiques de l’Institut de Recherche pour l’Enseignement des Mathématiques (IREM).

  • 1994 : Agrégation de mathématiques
  • 2002 : Thèse en histoire des sciences et des techniques de l’université de Nantes sur Les livres de vulgarisation de l’astronomie (1686-1880)
  • 2002 : chercheure en histoire des sciences au Centre François Viète, Université de Nantes
  • 2015 : membre de l’ENCCRE (Edition Numérique Collaborative Critique de l’Encyclopédie).
  • 2016 : membre de l’ANR « Le Bureau des longitudes (1795-1932), de la Révolution française à la Troisième République.

Elle est notamment l’auteure ou la co-auteure de :

  • History of Astronomy in Portugal, 2017
  • L’envers du décor : science passion – science raison au 19e siècle, 2015
  • Jérôme Lalande (1732-1807). Une trajectoire scientifique
  • Pour une histoire du Bureau des longitudes (1795-1932), 2017
  • L’Astronomie dans l’Encyclopédie, 2017

Claire VOISIN-THIBERGE, présentée par Noëlle MENARD

Conservateur en chef honoraire des bibliothèques.
Officier des Palmes académiques
Après des études d’histoire, Claire-Voisin Thiberge, a intégré l’École Nationale des Chartes
Archiviste-paléographe elle a choisi la filière des bibliothèques d’état. Après une expérience à la Bibliothèque municipale classée de Toulouse, elle arrive à Nantes comme conservateur à la Bibliothèque Universitaire section santé, chargée entre autres de la préservation et mise en valeur du fonds ancien en particulier celui de Laënnec.
En 2000, elle devient responsable de la section Lettres, Sciences humaines et sociales de la BU. Elle est également l’auteur de nombreuses publications historiques et scientifiques.
Passionnée par le patrimoine , elle a été présidente de l’association Patrimoine d’hier pour demain (Varades) et de l’ARRA ( Association de recherches sur la région d’Ancenis).

Alfred GAMBOU, nouveau membre d’honneur, présenté par Henri COPIN

Maître de conférences, enseignant-chercheur à l’Université catholique de l’Ouest de Nantes et à l’école normale supérieure de Brazzaville, les recherches d’Alfred GAMBOU portent sur l’éthique et la formation enseignante, l’histoire de l’éducation et des idées éducatives.
Co-auteur avec Charles Bowao de L’émancipation de soi par le savoir, publié par L’Harmattan, réflexion sur la capacité de l’école à constituer ce lieu d’affranchissement.
Président de la Maison de l’Afrique, à Nantes, espace de promotion des initiatives liées à l’Afrique. Elle suscite des rencontres, réflexions, débats et prospectives sur l’Afrique. Son dernier colloque, le 8 Novembre 2022, a porté sur la thématique : « Nouveau regard sur l’Histoire : comment faire humanité ensemble ? »
Dans la revue Phronesis, il a publié cette année l’article intitulé « L’idée d’éducation et de formation de l’adulte chez Platon : ses présupposés, ses obstacles et ses finalités. »

Évocation de Christian BOBIN

La séance s’achèvera par une évocation de Christian Bobin, disparu le 24 novembre 2022, par Ghislaine LEJARD, Malika PONDEVIE et Michel VALMER. Cet écrivain et poète, auteur prolifique, a publié une soixantaine d’ouvrages. Il s’était fait connaître dès 1992 par la publication de Le Très-Bas, ouvrage consacré à Saint François d’Assise. Il fut notamment bibliothécaire à Autun, guide à l’écomusée du Creusot, rédacteur à la revue Milieux, élève infirmier en psychiatrie et professeur de philosophie. Il s’était installé en 2005 dans une maison isolée à la lisière d’un bois à Saint-Firmin (Saône-et-Loire), à une dizaine de kilomètres du Creusot natal, avec son épouse, Lydie Dattas, fille du compositeur et organiste de Notre-Dame-de-Paris.

Aimer quelqu’un c’est le lire. C’est savoir lire toutes les phrases qui sont dans le cœur de l’autre, et en lisant le délivrer. C’est déplier son cœur comme un parchemin et le lire à haute voix, comme si chacun était à lui-même un livre écrit dans une langue étrangère.

Christian BOBIN – La lumière du monde

A la fin de séance, la médaille de la ville de Nantes sera remise aux trois nouveaux membres par Michel COCOTIER.

07/11/2022 : L’académie au Palais Garnier

A l’invitation de Martin Adjari, membre d’honneur de l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire, Noëlle Ménard organisait le 17 novembre 2022 une journée exceptionnelle au Palais Garnier, à Paris. Les membres de l’académie présents, auxquels s’étaient joints Marie-Laure Prévost (Conservateur général honoraire de la BnF) et son époux, furent accueillis par Albane de Chatellus, responsable des Relations extérieures et du protocole.

Le matin, la visite du Musée Bibliothèque fut commentée par Anne Renoult, conservateur. Cette dernière avait préparé à l’intention des visiteurs un certain nombre d’objets rares et émouvants de la Bibliothèque Musée qu’elle commenta de façon précise et détaillée. Elle leur permit de découvrir à travers ces exemples l’exceptionnelle richesse documentaire de cette institution.

L’après-midi, le groupe fut convié à une autre visite des lieux, cette fois plus insolite. Accompagnés par Jean-Jacques Serres, guide passionnant et érudit, cette occasion privilégiée les conduisit à la découverte des coulisses du l’endroit comme des multiples métiers gravitant autour de la scène. Elle leur offrit de mieux comprendre l’envers du décor et sa complexité technique.

Le groupe des visiteurs

Rappel historique

Théâtre national, l’opéra Garnier rassemble en un même lieu prestigieux une académie de musique, de chorégraphie et de poésie lyrique. Il constitue par son esthétique monumentale un élément majeur du patrimoine de la capitale. Grand prix de Rome en 1948, Charles Garnier remporta le 30 mai 1861, à l’âge de 36 ans, le concours pour l’édification d’une « Académie impériale de musique et de danse » lancé six mois plus tôt. Ce projet concrétisait la décision de Napoléon III, à la suite de l’attentat manqué d’Orsini, rue Le Peletier (où se situait l’opéra éponyme) que soit édifiée une nouvelle salle en un lieu moins exposé. Le projet innovant et spectaculaire du jeune architecte, présenté au prince Alexandre Colonna Walewski, président du jury, remporta tous les suffrages, tant pour son esthétique monumentale que pour son aménagement intérieur et sa technicité. Garnier fut assisté dans la préparation de son esquisse par de nombreux amis et confrères de l’École des Beaux-Arts.

Le plafond du foyer

Les richesses artistiques du théâtre Garnier

Le département de la Musique du théâtre comprend un musée dédié au chant lyrique et à la danse. Il trouve son origine dans la collection initiale de « souvenirs pieux » légués par des chanteurs, danseurs, compositeurs, musiciens. On y trouve notamment une sélection effectuée parmi 2 500 maquettes de décors, 3 000 objets (dont 500 tableaux) et 3 000 bijoux de scène.

La recette du mardi 23 août 1735

Le musée de la Bibliothèque-musée de l’Opéra

Consécutif à l’exposition théâtrale de l’Exposition Universelle de 1878 conçue par le dramaturge et librettiste Charles Nuitter, elle permit à ce dernier d’augmenter le fonds iconographique de la bibliothèque. Avocat à la cour de Paris, passionné de théâtre, d’opéra et de danse, Nuitter devint le premier archiviste de l’Opéra de Paris. Le musée fut inauguré le 24 octobre 1881 à l’occasion d’une représentation d’Hamlet, l’opéra d’Ambroise Thomas.

Le musée occupa l’ancien fumoir des appartements initialement dévolus à l’empereur. Sa reconnaissance officielle fut confirmée par un arrêté du 10 décembre 1881 définissant le règlement de la bibliothèque et des archives de l’Opéra. Ce texte stipulait l’organisation des collections en trois sections : les archives (auxquelles fut rattaché le nouveau musée), la bibliothèque musicale et la bibliothèque dramatique.

La salle de consultation de la bibliothèque

Modeste à ses débuts, le musée prit de l’ampleur sous la direction de Charles Malherbe qui organisa notamment une exposition d’autographes musicaux à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1900. Il dirigea les travaux d’embellissements afin d’autoriser l’accès du musée à un plus large public en 1903. Il s’attacha à mettre en valeur les objets présentés dans différentes vitrines : affiches de l’Opéra, costumes, décors, objets de curiosités tels que l’encrier de Spontini, l’archet de Paganini ou les bombes d’Orsini. Par la suite les collections s’enrichirent de différentes acquisitions ou de l’adjonction de fonds nouveaux tel celui des Archives Internationales de la Danse en 1952.

Les évolutions du musée

Le musée de l’Opéra (l’un des Musées de la Bibliothèque nationale depuis le rattachement de la Bibliothèque-musée de l’Opéra à cette institution en 1935) évolua peu. Sa configuration actuelle tient aux travaux de rénovation réalisés en 1992 grâce à la contribution financière du ministère de la Culture et d’un mécénat privé. L’espace muséal fut agrandi, gagnant notamment la rotonde basse, côté jardin, prévue par Charles Garnier pour l’accueil des voitures impériales. Les locaux de la bibliothèque furent isolés du reste des espaces pour préserver le calme attendu des lecteurs.

Les espaces de magasins situés dans la partie publique du théâtre et la « galerie des guignols », dessinés par Charles Garnier, furent maintenus dans leur état originel, en parallèle de la création d’une galerie d’exposition permanente aux cimaises de verre et d’acier dessinées par Richard Peduzzi, présentant une sélection d’œuvres iconographiques sur la danse, l’architecture du théâtre et le décor. Enfin, le dispositif fut complété par un espace d’expositions temporaires.

01/12/2022 : Café littéraire au Muséum


Jeudi 1er décembre 2022
Muséum d’histoire naturelle
12 rue Voltaire, 44000 Nantes de 14h15 – 16h00
LES LIVRES DE LA RENTRÉE
Animé par   Stéphanie HANET

14h15 – 15H40          Les livres de l’Ouest

Actualité des livres en région, préparée par Noëlle Ménard et Jean-Yves Paumier
Noëlle Ménard.   Pierre Adrian.  Que reviennent ceux qui sont loin. Gallimard
Jean-Yves Paumier. Gaëlle Josse. La nuit des pères. Notabilia

14h15 – 15h15           Les livres de la rentrée

Henri Copin Hadrien Bels. Tibi la blanche L’iconoclaste
Antoine George  Miguel  Bonnefoy. L’inventeur . Rivages
Catherine Telle.  Lena-Paul Le Garrec. Lulu. Buchet-Chastel
Jean Doucet Selim Nassib. Le Tumulte. L’Olivier
Stéphanie Hanet Sarah Jollien-Fardel . Sa préférée. Sabine Wespieser

14h45 – 16h               Les Coups de cœur

Le Café littéraire a été imaginé par
Catherine Decours, Jean Amyot d’Inville et Jean-Yves Paumier
de l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire.
Avec le concours des Livres de l’Ouest, des Bibliothèques pour tous,
de la librairie Coiffard et du Muséum de Nantes

Café littéraire du 2 juin 2022

Le Café littéraire Jeudi 2 juin 2022  Muséum d’histoire naturelle

LES LIVRES DE L’ÉTÉ


Animé par Jean Amyot d’Inville

PROGRAMME

14h15 – 15h15         Les Livres  de l’Ouest
Actualité des livres en région, préparée par Noëlle Ménard et Jean-Yves Paumier Noëlle Ménard.  Philippe Le Guillou. Le testament breton. Gallimard

Jean-Yves Paumier. Jacques Gonzales. Décrire la terre, Écrire le monde. Société de géographie 

15h15 – 15H40         Les livres d’histoire et les biographies

Michel Valmer.  Pierre Assouline. Le Paquebot. Gallimard 

Catherine Telle. Dominique de Saint-Pern. Edmonde, l’envolée. Stock

Henri Copin. Akira Mizubayashi. Reine de cœur. Gallimard

Ghislaine Lejard. Thierry Froger. Et pourtant, ils existent. Actes Sud  

Jean-François Caraës. Orhan Pamuk.  Les nuits de la peste.  Gallimard

Les livres de l’Ouest

Actualité des livres en région, par Noëlle Ménard et Jean-Yves Paumier

Noëlle Ménard  

Philippe Le Guillou. Le testament breton. Gallimard

Philippe Le Guillou a écrit son dernier ouvrage dans sa maison du Faou durant le confinement Covid. Intitulé Le Testament breton, l’auteur nous livre au fil des pages une suite de souvenirs d’enfance qui sont très souvent à l’origine de son œuvre littéraire. La première partie s’intitule Une enfance bretonne, la seconde Une conscience bretonne. Comme l’écrivait Julien Gracq dans Le Château d’Argol, Philippe Le Guillou parle de la Bretagne comme une « Province de l’âme », car la Bretagne a été capable de transmuter sa « matière rugueuse et originelle » en littérature. Il convoque dans son panthéon : Anatole Le Bra, Saint-Pol-Roux, le peintre Yves Tanguy, mais aussi ce qu’on appelle « la matière de Bretagne », sans oublier ces menus objets sortis de la faïencerie Henriot. C’est un livre plein de fraîcheur et d’humilité, un vrai moment de bonheur.

« Les vagues, les voix avec peut-être les arbres et les nuages. Il n’y a que cela de vrai »

Jean-Yves Paumier 

Jacques Gonzalés. Décrire la terre, Écrire le monde

Le livre du bicentenaire de la Société de Géographie, coédité par Glénat.

Pédiatre, devenu docteur en biologie humaine, professeur de biologie et de médecine du développement et de la reproduction de l’Université Paris VI,Jacques Gonzalès est un des pionniers de la Fécondation in vitro en France. Historien de la médecine, il a publié notamment une histoire de la procréation humaine. Il est aussi secrétaire général de la Société de géographie depuis 2013 et membre du comité de rédaction de La Géographie Terre des hommes. Auteur de nombreuses publications, il enseigne également en économie et géographie de la santé. 

Fondée le 15 décembre 1821 par 217 personnalités dont beaucoup ont participé à l’expédition d’Égypte de Bonaparte, la Société de Géographie souhaite « concourir aux progrès de la géographie » grâce à des membres très divers qui forment une assemblée de diplomates, marins, militaires, politiques et savants. Parmi eux Gay-Lussac, Cuvier, les frères Champollion, Chateaubriand, Dumont d’Urville, Freycinet, le prince héritier Christian Frédéric du Danemark, et Humboldt, considéré comme l’un des plus grands géographes de tous les temps. Tout au long du XIXe siècle la Société rayonne grâce aux explorations qu’elle organise et subventionne sur tous les continents et sur océans, aux expositions universelles organisées à Paris auxquelles elle contribue et à la réputation de ses présidents comme Ferdinand de Lesseps ou de ses membres tels Jules Verne, Alexandra David-Néel, le Prince Albert Ier de Monaco ou Charcot et André Gide au début du XXe siècle.

La Société de Géographie a participé à la constitution d’une cartographie quasi complète des continents, des mondes sous-marins et souterrains et dispose de collections de documents iconographiques exceptionnels aujourd’hui conservés à la Bibliothèque nationale de France. Près de 300 documents sont présentés dans ce livre, témoignages de cette volonté de décrire la Terre et d’écrire le Monde. Grâce à son action de pédagogie et de diffusion de la connaissance, la Société de Géographie, qui fête son bicentenaire en 2021, reste un acteur majeur aujourd’hui encore. En effet, les géographes peuvent éclairer de leur savoir les débats sur l’évolution de l’environnement, sur le devenir des pôles, sur l’avenir démographique de la planète, sur les solutions à envisager en matière de ressources énergétiques. La pensée géographique n’est pas en voie d’extinction et elle doit faire encore rêver.


Sélection des Livres de l’Ouest 

Littérature

Dominique Fournier. La petite fille de Loire. Geste

Le roman se passe à Angers. Gildas et Annick son frère et soeur. Leur histoire commence par un drame… Le 28 juillet 1984, jour de « l’accident », marquera à tout jamais la vie de la famille. Alors que les mensonges et les souvenirs douloureux accompagnent Gildas jusque dans son sommeil, la haine l’envahit peu à peu. 

Daniel Morvan. La main de la reine. Le Temps qu’il fait

Avant l’automatisation des phares, la rencontre entre un gardien, dernier témoin d’une longue époque, et une jeune réfugiée hollandaise au papa inconnu. On est sur la minuscule île Holly, au large de l’Ecosse. Un bout du monde pas loin de chez nous, où le café du village est le centre d’un petit microcosme touchant.

Irène Frain. L’allégresse de la femme solitaire. Seuil

Un jour d’août 1853, une goélette jette l’ancre dans un port californien. À la couleur de sa grand-voile, les habitants comprennent que son capitaine a réussi l’impensable : capturer la « Femme Solitaire », ultime représentante d’un peuple immémorial, abandonnée dix-huit ans plus tôt dans une île sauvage située au large de Los Angeles et Santa Barbara.

Frédéric Bodin. Meurtres à Nantes. Les Combattants de l’été 1955. Geste

Août 2019, Nantes s’enfonce dans la psychose après la mort dans des fusillades de trois hommes honorablement connus sur la place locale. La police découvre qu’ils sont tous les trois descendants de familles patronales nantaises ayant été partie prenante des grandes grèves de 1955. 

Doan Bui. La Tour. Grasset

Née au Mans, de parents originaires du Viêtnam, ont posé leurs valises, grand reporter pour le Nouvel Observateur, distinguée par le prix Albert-Londres et le prix Amerigo-Vespucci pour son premier roman Les Fantômes du fleuve. Elle décrit la tour imaginaire Melbourne qui fait partie des Olympiades, ensemble de tours des années 1970, portant chacune le nom d’un pays hôte des Jeux olympiques. Dans cette tour de 37 étages, quatre ascenseurs, et 296 fenêtres, se côtoient des personnages hauts en couleur. Clément se croit la réincarnation du chien de Michel Houellebecq qui a réellement habité ce quartier du 13e. On navigue d’un appartement à l’autre avec des histoires qui s’entremêlent.

***

Laurence Vilaine. La géante. Zulma

Quatre personnages, un hameau au pied de la montagne « La géante ». À des titres différents, c’est elle qui les révèle tous à eux-mêmes.  Une histoire de mots, qui vont parfois au-delà de leur destinataire, de silences subis ou souhaités, d’amour et de désir. À chacun sa vérité… ou son mensonge.

Fanch Rebours. Cap-hornière. Skol Breizh

Mai 1906. Le Gwenaël, cap-hornier de la Compagnie bretonne maritime armé à Nantes, appareille au long cours. Trois-mâts taillé pour affronter les océans en doublant le mythique cap Horn, il devra rapporter en Europe de pleines cales de nitrate du Chili, des céréales de l’Oregon, des ballots de laine d’Australie, du nickel de Nouvelle-Calédonie. 

Jean-Luc Bannalec. Crime gourmand à Saint-Malo. Presses de la cité

Neuvième enquête du commissaire Dupin dans le milieu de la gastronomie et le cadre enchanteur de Saint-Malo et de ses environs. Le commissaire a quitté sa base de Concarneau et participe avec ennui à un séminaire des forces de police bretonnes quand, à la faveur d’une pause, il est le quasi-témoin du meurtre en plein marché d’une cheffe étoilée de Dinard par sa sœur cadette, elle-même cheffe montante. Dupin et deux commissaires présents au séminaire prennent l’affaire en main.

Sophie Tal Men. Des matins heureux. Albin Michel

Roman sur la résilience de trois personnages blessés, touchants dans leur fragilité, inspirants dans leur force de résilience. Dans le quartier du Montparnasse à Paris, Elsa, Marie et Guillaume se croisent sans le savoir. Si le jour, leur quotidien les éloigne, le soir, tous trois affrontent une même peur de la nuit.

Documentaires 

Jean-Joseph Julaud. La petite anthologie des chats. First

Saviez-vous qu’un chat était à l’origine de la fortune d’une des plus célèbres familles d’Angleterre ? Ou encore qu’un chat a rendu la vie à un abbé sur le point d’être enterré ? Connaissez-vous l’histoire de Docteur Raton, ce chien qui surveillait ce que mangeait sa maîtresse et se mettait à grogner quand elle s’approchait de trop près d’un plat mauvais pour sa santé ?

Jean-joseph Julaud. 1000 ans d’histoire autour du monde. First

Que diriez-vous d’un voyage dans le temps qui durerait mille ans, du X° au XX° siècle ? Un circuit passant par la Chine et le Pérou, l’Europe et le Canada, le Mexique et la Russie ? un voyage un peu chahuté mais qui, à coup sûr, enrichira votre culture et comblera votre curiosité ? 

Laurence Moal. Histoire de la Bretagne. Gisserot

Les alignements de Carnac, Anne de Bretagne, la révolte des Bonnets rouges, le naufrage de l’Amoco Cadiz… autant d’éléments de l’histoire bretonne que l’on croit connaître. Mais pour bien les comprendre, il faut pouvoir les replacer dans une histoire plus globale. La Bretagne, en effet, n’a jamais vécu en vase clos. En quoi l’histoire de Bretagne est-elle originale ? Quelles en sont les spécificités, les permanences, les grandes ruptures ? Au-delà des clichés, cet ouvrage propose de découvrir ou de mieux connaître une longue et passionnante histoire.

Marjolaine Lemeillat. Les Gens de savoir en Bretagne à la fin du Moyen-âge : fin XIII°- XV° siècle.  PUR

Majoritairement étudiants à Paris, à Angers, et juristes de formation, ils reviennent de plus en plus dans le duché afin d’y faire carrière, en particulier avec le développement de l’État et des administrations ducale et judiciaire, au cours du XVe siècle. Très polyvalents, il est fréquent qu’ils exercent deux ou trois fonctions différentes (évêque et chancelier, secrétaire et sénéchal, chanoine et médecin), auxquelles ils accèdent par toutes les techniques et ruses imaginables. 

Jean-Clément Martin. Les Vendéens. PUF

En 1793, alors que la Révolution française se radicalise et cherche à se défendre contre les pays voisins, la mobilisation de 300 000 hommes déclenche des révoltes dans de nombreuses régions. Mais c’est dans le département de la Vendée, qu’une troupe d’insurgés disperse l’armée venue rétablir l’ordre. Une guerre particulièrement violente, menée sous l’impulsion de la Convention à Paris, suit cet événement fondateur et soude entre eux les révoltés, appelés désormais les Vendéens, des Sables-d’Olonne à Saumur, de Nantes à Luçon.

Recherches vendéennes. La Vendée pendant la guerre 1914-1918. Dans les hôpitaux psychiatriques sous l’occupation. Centre vendéen de recherches historiques.

Deux dossiers historiques originaux par un collectif d’historiens.

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Bruno d’Halluin. Les compagnons français de Magellan (1519-1522). Chandeigne

Au début du mois de juillet 1522, et après avoir traversé trois océans, la nef Victoria, dernière rescapée de l’expédition Magellan, recroisait le sillage qu’elle avait tracé à l’aller au large de l’Afrique de l’Ouest : la boucle était bouclée, le premier tour du monde de l’Histoire était réalisé. À son bord, il ne restait que 32 Européens exténués. Parmi eux, une bonne moitié d’Espagnols mais aussi des Grecs, des Portugais, des Italiens, un Allemand, un Flamand, un Normand et un Breton, inscrit sur les rôles d’équipage espagnols comme se nommant « Esteban Villón », vraisemblablement le Croisicais Stefan Bihan. 

Par ailleurs, sur d’autres navires de l’expédition, le jeune Croisicais Yann Bras (Jean Breton) accomplit également le tour du monde avant de décéder au retour, son bateau ayant recroisé le sillage qu’il avait tracé à l’aller au large de l’Afrique de l’Ouest ;

Jerôme Romain. Patrice Molle. Nantes d’hier à aujourd’hui. Geste

Livres de photos et de cartes postales

Eric Berlouez. Histoire de l’alimentation des Français. Ouest-France

L’auteur fait une synthèse de l’histoire de l’alimentation et de la gastronomie.

Guillaume de Dieuleveut. Retour en Bretagne. Buchet Chastel

Voyage en Bretagne à la recherche des origines de sa famille mais aussi des lieux, et une rencontre avec les Bretons. Il découvre que l’histoire de la Bretagne est celle d’une disparition. C’est pourquoi les Bretons sont si rêveurs et si fiers. Ils sont habités par la nostalgie de ce qu’ils auraient pu devenir. Une autre Bretagne, bien loin des clichés et des pièges à touristes.

Andréa Le Masne. Pen-Bron.

Andréa Le Masne publie un livre illustré de nombreux documents sur l’histoire de Pen-Bron. Alors que l’avenir du site est incertain, elle témoigne de l’extraordinaire richesse de ce lieu unique qu’est Pen-Bron, des souffrances et des espérances qu’il a porté et des engagements qu’il a inspiré. L’association Oeuvres de Pen-Bron a soutenu la publication de ce livre dont l’ensemble des bénéfices ira aux associations les Amis et la Croisière de Pen-Bron.

Les Coups de Cœur

Jean-Yves Paumier               Andréa Le Masne. Pen Bron

Noëlle Ménard                        Emmanuel de Waresquiel. Voyage autour de mon enfance. Tallandier

Jean Amyot d’Inville               Maylis Adhémar. Bénie soit sixtine. Julliard

Catherine Telle                      François-Guillaume Lorrain. Scarlett. Flammarion

Michel Valmer                        Annie Ernaux, Le Jeune homme. Gallimard

Henri Copin                            Ito Ogawa. La papeterie Tsubaki. Philippe Picquier

Ghislaine Lejard                     Timothée de Fombelle. Neverland. l’Iconoclaste

Jean-François Caraës           Melissa Da Costa. Je revenais des autres. Albin Michel

Prochain Café littéraire 

JEUDI 17 NOVEMBRE 2022         Les livres de la rentrée

Le Café littéraire a été imaginé en 1998

par Catherine Decours, Jean Amyot d’Inville et Jean-Yves Paumier.

Avec le concours des Livres de l’Ouest, des Bibliothèques pour tous, de l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire, de la librairie Coiffard et du CCO.

Pour être informé, indiquez votre adresse courriel à Noëlle Ménard :    

 javialmi@icloud.com

26/10/2022 : Éditorial de Dominique Pierrelée

Avec l’automne, le temps des couleurs et des saveurs

Le 26 octobre 2022, à l’Hôtel du département de Loire-Atlantique, s’est déroulée la fameuse dictée Jules-Verne proposée par notre ami et membre d’honneur de l’Académie Jean-Pierre Colignon. Une centaine de personnes dont quelques jeunes se sont pressés dans l’auditorium pour tenter de déjouer les pièges d’une dictée consacrée au pays du Vignoble et aux cépages d’antan, car l’histoire contée se passait en l’an de grâce mille six cent cinquante-deux.

C’est par cette animation traditionnelle qu’a débuté la programmation des animations de l’Académie littéraire pour 2022-2023. Suivront en novembre la visite à l’Opéra de Paris puis en décembre le Café littéraire et  la sortie du Cahier 2023 lors de la séance solennelle du 15 décembre qui se tiendra dans l’auditorium du Muséum d’Histoire naturelle. Dès janvier 2023, nous inviterons les « Amis » à partager un déjeuner littéraire consacré à Paul Guimard. D’autres surprises viendront durant le premier semestre de la nouvelle année en ce qui concerne notamment les prix littéraires. Un conseil pour cette fin d’année que je vous souhaite heureuse: lisez et offrez des livres.

Dominique Pierrelée, chancelier

26/10/2022 : Dictée Jules-Verne au Conseil départemental de Loire-Atlantique

Organisée conjointement par l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire et le Conseil départemental de Loire-Atlantique la Dictée Jules Verne s’est tenue :

Mercredi 26 octobre 2022 à 14h00
au Conseil départemental de Loire-Atlantique
3, Quai Ceineray à Nantes

Cette dix-septième édition a été remportée par Michel Preault, de Niort, avec un score remarquable de seulement trois fautes et demie.

Les deux lauréates : Michel Preault (senior) à gauche et junior à droite.

Le texte de la dictée:

Des célibataires parfois tout marris…  
Nantes, en l’an
de grâce mille six cent cinquante-deux…  

« Tu m’amuses, cadet, avec tes gros plans sur la comète ! », s’exclamait joyeusement Cyrano de  Bergerac, à l’écoute des châteaux en Espagne qu’élaborait un des cadets de Gascogne alors qu’avec  d’autres commensaux ils partageaient tous deux d’aimables flacons, pleins mais rapidement éclusés,  de moelleux vins du Sud-Ouest.  

Montés de Paris sur ordre de Mazarin, ces fils puînés désargentés de nobles familles gasconnes  effectuaient en quelque sorte leur formation militaire « sur le tas », au sein de compagnies royales en  principe cantonnées dans la capitale, que personne, bien évidemment, ne surnommait encore « la  Ville Lumière ».  

Mais les divines boutanches apportées avec le fourniment militaire habituel arrivaient à épuisement…  et les boit-sans-soif s’inquiétaient des hypothétiques ressources viticoles du pays nantais  

A priori, ici, on parlait bien davantage de cabernet franc que de petit verdot, de folle blanche et de pinot gris que de syrah, connue aussi sous le nom de shiraz. Hauts en couleur, et pourtant rompus  aux galéjades, aux hâbleries, aux facéties et aux bobards, certains des cadets se sont retrouvés tout  marris, dans le centre-ville, chez un commerçant que des Ligériens pince-sans-rire leur avaient  soutenu être un marchand devin réputé.  

En fait, ce quincaillier était en effet versé dans un domaine où s’illustrèrent jadis les chresmologues  habilement attachés à s’exprimer en formules ambiguës, les haruspices (ou aruspices) plongés dans  des entrailles, et les pythonisses connues pour leur boulimie, puisque l’on disait que partout la pythie  vient en mangeant… Son épouse est également un phénomène : elle n’a pas son pair pour imiter à la  perfection des cris d’animaux. Qui l’eût entendue, sans qu’on la vît, margot(t)er ou cacaber, se fût  attendu à voir s’envoler à tire-d’aile une caille dodue ou une compagnie de perdrix !  

Nos Gascons trouveront rapidement leur bonheur en de nombreux estaminets où de gouleyants vins  des coteaux d’Ancenis et des muscadets sur lie combleront leur sempiternelle pépie… Et ils en  viendront, le jour de la Saint-Amour, un peu avant la mi-août, à des confrontations de dégustation à  l’aveugle de quinze vins… de Loire.

Revoir la dictée

La salle du Conseil départemental pendant l’épreuve.

Dictée conçue par Jean-Pierre Colignon.

Chef du service correction puis médiateur linguistique au journal Le Monde pendant une vingtaine d’années, rédacteur, cruciverbiste, auteur de chroniques langagières, membre de commissions ministérielles de terminologie et « coach » en langue française, Jean-Pierre Colignon est une référence en matière d’orthographe.

Membre d’honneur de l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire depuis 1991, il conçoit et anime chaque année de nombreuses dictées.

Auteur d’un blog passionnant sur tout ce qui concerne l’orthographe et le « bien écrire », Jean-Pierre Colignon a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels :

  • Accords parfaits, Edisens, 2021
  • Un point c’est tout, la ponctuation efficace, Edisens, 2021
  • Dictionnaire orthographique moderne, Éditions du CFPJ, 2019
  • Avoir une belle plume, de Boeck, 2017
  • Pour ne plus faire de fautes d’orthographe, Éditions de l’opportun, 2012

En savoir plus

CHÂTEAU DES DUCS DE BRETAGNE. NANTES

SÉANCE SOLENNELLE DU 23 JUIN 2022

Dominique Pierrelée, PIlar Martinez Vasseur, Thierry Froger, Jacques Gonzales

Affluence au château des ducs de Bretagne pour la remise des prix littéraires 2022 à Thierry Froger et à Jacques Gonzales ainsi qu’à la réception de Pilar Martinez Vasseur, nouveau membre, présentée par Philippe Josserand. La cérémonie était présidée par Émilie Bourdon, conseillère déléguée Culture et proximité qui a remis la médaille de la Ville de Nantes aux lauréats et à Pilar Martinez Vasseur. Pour terminer , Xavier Ménard a lu en castillan deux poèmes de Federico Garcia Lorca et Éric Chartier a fait un hommage à Marcel Proust

PIlar Martinez Vasseur
Emilie Bourdon et Thierry Froger
Jacques Gonzales

PHOTOS XAVIER MENARD. DROITS RÉSERVÉS

Prix littéraires 2022

Prix de l’Académie  

Thierry Froger. Et pourtant, ils existent. Actes Sud   

 Thierry Froger est professeur à l’École des Beaux-Arts de Nantes

Entre l’assassinat de Jaurès et la guerre d’Espagne, entre la grande Histoire et les vies minuscules, comment s’écrit et se détricote la légende des héros ambigus. «Et pourtant ils existent »reconstruit patiemment et non sans malice les exploits questionnables de Florentin Bordes, soldat têtu de la liberté, totem de sa propre famille, au cœur d’un tourbillon romanesque où les voix se répondent, se poursuivent, se contredisent pour démêler équivoques du réel, vérités improbables et infaillibles hypothèses de la fiction. Thierry Froger signe un roman fête foraine dont chaque attraction serait un point de bascule du XXe siècle. Grisant.

Grand prix Jules Verne

Jacques Gonzales. Décrire la terre, Écrire le monde. Glénat

Le livre du bicentenaire de la Société de Géographie, coédité par Glénat

Historien de la médecine, l’auteur a publié notamment une histoire de la procréation humaine. Il est aussi secrétaire général de la Société de géographie depuis 2013 et membre du comité de rédaction de La Géographie Terre des hommes. Auteur de nombreuses publications, il enseigne également en économie et géographie de la santé. 

17/05/2022 : Séance solennelle de l’académie au Conseil départemental de Loire-Atlantique

Dans l’amphithéâtre du Conseil départemental de Loire-Atlantique,
Quai Ceineray à Nantes, s’est tenue

le mardi 17 mai 2022 à 18h00
la traditionnelle séance de printemps
de l’académie littéraire de Bretagne et des pays de la Loire.

En ouverture de la séance, Dominique Poirout, vice-présidente culture et patrimoine du conseil départemental de Loire-Atlantique, représentant Michel Ménard président de cette assemblée, a pris la parole. Dans une intervention juste et sensible, elle a évoqué l’espace essentiel de liberté que constitue dans le monde où nous vivons la littérature en général et les livres en particulier, soulignant leur apport décisif à l’ouverture des esprits comme à l’émancipation intellectuelle de chaque être humain. Pour cette raison, elle a accepté avec plaisir de s’exprimer sur le sujet, en lien avec ses propres convictions personnelles.

Dominique Pierrelée (Chancelier) et Dominique Poirout (Vice-présidente du Conseil départemental)
Photo : Xavier Ménard

A sa suite, Dominique Pierrelée, chancelier de l’Académie littéraire de Bretagne et des pays de la Loire, a souligné l’importance que revêt l’intérêt porté par le département de Loire-Atlantique à l’action poursuivie par l’académie qu’il préside. Cette reconnaissance confirme pour lui, si besoin était, l’intérêt partagé pour ce même objet. Elle constitue également un encouragement pour l’académie à poursuivre ses actions en faveur des livres.

Il revint ensuite à Henri Copin d’évoquer les objectifs principaux de la soirée marquée par la remise du prix de Loire-Atlantique d’une part et du prix Yves Cosson de poésie de l’autre.

De gauche à droite, N. Ménard (chancelier d’honneur), D. Pierrelée (chancelier), L. Moal (lauréate du Prix de Loire-Atlantique), J.-F. Caraës (Pdt. du Jury), J.-Y. Paumier (chancelier d’honneur) Photo: X. Ménard

Prix de Loire-Atlantique 2022

Jean François Caraës, président du jury de ce prix, fut invité à présenter Laurence Moal qui s’est vu attribuer le Prix de Loire Atlantique 2022 pour son ouvrage intitulé Duchesses : Histoire d’un pouvoir au féminin en Bretagne, publié par les Presses Universitaires de Rennes (P.U.R). Comme il le rappelle, le jury a apprécié l’ouvrage non seulement pour l’originalité et le traitement du sujet évoqué, mais aussi pour son aspect pédagogique, notamment par certains parti-pris comme l’adjonction d’un « petit précis illustré » et d’annexes qui permettent à tout public d’y avoir accès.

L’illustration abondante et particulièrement bien choisie forme à elle seule un troisième niveau de lecture. Duchesses est en conclusion un livre destiné à tous publics, qui démythifie le Moyen-âge breton par le prisme des femmes qui y ont tenu le premier rôle.

Étudiante à l’université de Brest, Laurence Moal a réalisé sa maîtrise sous la direction de Jean Kerhervé : Bertrand d’Argentré : Patriote ou historien ?. Sous la direction du même professeur, elle soutint en 2007 sa thèse sur L’étranger en Bretagne aux XIVe et XVe siècles, publiée en 2008. Entre 2007 et 2011, elle fut chargée de cours à l’Université de Bretagne occidentale (site de Quimper) où elle assura des cours de paléographie, puis à l’Université de Rennes 2 où elle donne des cours d’histoire médiévale.

Chercheur associé au Centre de recherche bretonne et celtique (CRBC, université de Bretagne occidentale), Laurence Moal est Professeur agrégé d’histoire et géographie au lycée Amiral Ronac’h de Brest, Docteur en histoire médiévale. Outre de nombreux articles publiés dans des revues nationales et régionales, Laurence Moal est l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire de Bretagne 

Laurence Moal lors de sa réponse à Jean-François Caraës
  • Auray 1364, un combat pour la Bretagne (2012)
  • Du Guesclin, images et histoire (2015)
  • Le Grand routier de Pierre Garcie dit Ferrande (2019)

Après avoir exprimé ses remerciements pour le prix qui lui a été attribué, Laurence Moal a expliqué le cheminement qui l’a conduit à adopter dans Duchesses la démarche méthodologique qui fut la sienne dans son précédent livre consacré à du Guesclin. Elle s’est prise au jeu consistant à mettre en lumière les particularités de ces femmes aux destins d’exception dont certaines ont certes pris la lumière davantage que d’autres, mais dont les trajectoires respectives méritaient d’être rappelées.

En savoir plus sur Laurence Moal

Laurence Moal (Photo Xavier Ménard)

Université de Brest

Ouest-France

Prix Yves Cosson de poésie 2022

Le prix Yves Cosson de poésie fut attribué à James Sacré pour l’ensemble de son œuvre. Henri Copin effectua la présentation du lauréat en présence (à distance par visioconférence), de ce dernier.  Né en Vendée en 1939, ce poète vécut son enfance dans la ferme familiale. D’abord instituteur, il quitta la France pour mener une carrière universitaire aux Etats-Unis, au Smith College (Massachusetts), et une vie de voyages et de découvertes, dont celle de la poésie américaine.

Habitant Montpellier depuis une vingtaine d’années, son œuvre poétique est riche de près de 60 publications parues depuis les années 70. Elle est marquée par un double ancrage : dans le terroir et la langue de l’enfance d’une part, dans l’ailleurs et l’autre connus au long des voyages, en Europe, aux Etats-Unis, en Italie, au Maroc, d’autre part …

La langue poétique de l’auteur combine l’oralité et l’écrit, la prose et la musicalité. De nombreuses distinctions, études et colloques reconnaissent en lui l’un des premiers poètes de son temps, édité (entre autres) chez Tarabuste, Obsidiane, André Dimanche, Al Manar, et Gallimard collection Poésie.

Parmi ses publications les plus récentes figurent :

  • America solitudes, André Dimanche, 2011
  • Le paysage est sans légende, Al Manar
    Dessins de Guy Calamusa, 2012, prix Max Jacob
  • Parler avec le poème, La Baconnière, 2013
  • Ne sont-elles qu’images muettes et regards qu’on ne comprend pas ?
    Lavis de Colette Deblé, Æncrages & Co, 2014
  • Un désir d’arbres dans les mots
    en collaboration avec Alexandre Hollan illustrateur, 2015
  • Figures de silences, Tarabuste, 2018
    • Prix Théophile-Gautier de l’Académie française
    • Prix Roger-Kowalski ou grand prix de poésie de la ville de Lyon, 2019
  • Sans place et Je s’en va, avec Antoine Emaz, Montpellier, Éditions Méridianes, 2019
  • Quel tissu se déchire, Tarabuste, 2020
  • Broussaille de bleus, avec des dessins de Jacquie Barral, Le Réalgar, L’Orpiment, 2021
  • Figures de solitudes, Tarabuste, 2021
  • Brouettes, dessins d’Yvon Vey, Obsidiane, 2022

Comme s’en explique de façon expressive James Sacré, j’ai pratiqué :

« la boulange de mon langage en mêlant, sans même trop y penser, et surtout sans souci de hiérarchie, le familier et le précieux, le parler réinventé en écrit et le patois avec ses tournures et souvent des mots qui n’ont pas vraiment d’équivalent en français ».

James sacre

Par écran interposé, James Sacré prit en retour la parole, remerciant l’académie pour la distinction reçue. Dans un propos emprunt de simplicité et de sensibilité, il évoqua le permanent mystère que constitue l’acte de poésie en lui-même dans sa recherche permanente de justesse du choix des mots afin d’exprimer la plus forte intensité émotionnelle.

J. Sacré (écran à gauche) participant à distance à la séance.

La séance s’est poursuivie par la lecture par Michel Valmer de plusieurs textes du poète exprimant la richesse de sa palette littéraire, avant la clôture de la séance par un cocktail.

 » On sait qu’on va continuer d’écrire et des éléments pour un prochain livre sont déjà là, disponibles, pour donner forme à ce désir d’écrire. Plutôt matière que forme. Il y a cette guenille de mots, bouchonnée salie de mensonges et d’effarante maladresse, des cahiers et carnets qui ne savaient ou n’osaient pas dire, des essais de poèmes partagés sans vergogne avec des camarades, parfois un professeur, cahiers et carnets qui disent pourtant, qui surtout disent l’indigence et la misère d’un rapport au monde, aux autres, à soi-même

James sacre

En savoir plus sur James Sacré

Wikipedia : Notice sur James Sacré

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