Vient de paraître

Amin Maalouf

Un fauteuil sur la Seine

Grasset / Paru le 09-03-2016

« En racontant la vie et les aventures des dix-huit personnages qui se sont succédé au 29e fauteuil de l’Académie française depuis 1634, Amin Maalouf ne retrace pas seulement cette « généalogie en partie fictive » dont parlait son prédécesseur Lévi-Strauss ; il nous fait revivre de manière charnelle, incarnée, quatre siècles d’histoire de France.

Si « un roman est un miroir que l’on promène le long d’un chemin », selon le mot de Stendhal, le roman de la France que nous relate ici l’auteur est une Légende des Siècles à partir d’un fauteuil. Son premier occupant se noie dans la Seine, Montherlant se suicide dans son appartement avec vue sur la Seine, et l’Académie elle-même siège dans un petit périmètre longé par la Seine, entre le Louvre et le quai Conti ; unité d’un lieu à partir duquel se déploie le kaléidoscope d’une histoire en train de se faire.

Amin Maalouf_Un fauteuil sur la Seine

Le pouvoir des rois et des cardinaux, des hommes d’épée et des négociateurs, l’autorité grandissante ou déclinante des philosophes et des savants, l’influence des poètes, des librettistes, des dramaturges et des romanciers : autant de visages de la gloire qui nous parlent des âges différents de la Nation.

Les conflits d’idées et d’égos, les cabales pour faire trébucher Corneille, Voltaire ou Hugo, les intrigues de couloir et les histoires d’amour contrariées tissent la trame de cette si singulière histoire de France. On revisite ici la querelle du Cid et la révocation de l’Edit de Nantes, la Fronde et le jansénisme, l’expulsion des jésuites et l’émergence de la franc-maçonnerie, la Révolution de 1789, l’insurrection du 13 Vendémiaire et le coup d’état du 18 Brumaire, le Second Empire, la guerre de 1870 et la Commune de Paris, l’invention de l’anesthésie et celle des funérailles nationales, l’Affaire Dreyfus et les grandes guerres du XXe siècle…

À partir d’un simple fauteuil, lieu de mémoire fragile et chaleureux posé sur les bords de la Seine, Amin Maalouf nous fait redécouvrir les riches heures du passé de la France, la permanence de son « génie national », ainsi que ses constantes métamorphoses. »

Source : Site de Grasset


Philippe Le Guillou

Géographie de la mémoire

Gallimard / Paru le 05-02-2016

« On peut se raconter en prenant appui sur les grandes étapes d’une vie, l’enfance, l’adolescence, les années de formation, la maturité, l’âge qui vient. Le parti pris par Philippe Le Guillou dans Géographies de la mémoire est différent : on retrouve certes ces phases capitales d’une existence dont le cheminement affectif et intellectuel se place sous le signe des mots et des livres, mais c’est un parcours à travers les territoires et les lieux d’une vie qui sous-tend ce récit autobiographique. Plutôt que de centrer le regard sur lui, l’auteur l’ouvre aux espaces aimés et inspirateurs : la Bretagne, les bords de Loire, l’Irlande, Rome, Paris.

 Le Guillou_Géographie de la mémoire

Géographies de la mémoire modifie la perspective autobiographique : il s’agit de se dire à travers les paysages et les villes, dans la pudeur et les intermittences de la mémoire, il s’agit aussi de faire revivre quelques présences essentielles, figures familiales, anonymes capitaux, écrivains admirés, témoins des sutures décisives d’une existence. Passent ainsi les veilleurs ancestraux des confins du Finistère, quelques intercesseurs lus puis rencontrés – Mohrt, Gracq, Déon, Fernandez, Grainville – , des religieux et des artistes ; défilent surtout les paysages qui, depuis L’inventaire du vitrail, ne cessent d’inspirer l’écrivain : la rivière du Faou, les grèves de l’Aulne, quelques sanctuaires élus, les berges de la Loire, les quais de la Seine et du Tibre, les tourbières d’Irlande et les proues basaltiques, Paris et son royaume intérieur. »

Source : Site de Gallimard


 Ghislaine LEJARD

Couleur de mots

Publié par Soc & Foc, ce recueil associe dans un même ouvrage des textes d’Eric SIMON et des collages de Ghislaine LEJARD.


Couleurs de mots recto

 

Couleurs de mots verso


Intitulée A l’infini la vie, la dernière parution de la revue d’arts et de littératures  Chiendents n°98 est consacrée à Ghislaine LEJARD.

Gh Lejard_A l'infini


Patrick BARBIER

Voyage dans la Rome baroque : Le Vatican, les princes et les fêtes musicale

Bernard Grasset

P. Barbier_Voyage dans la Rome baroque

Tout au long de l’époque baroque, Venise, Naples et Rome jouent un rôle essentiel sur le plan musical, tout en poussant l’art de la fête à des sommets inégalés. Dans cet essai vagabond, coloré et joyeux, Patrick Barbier nous plonge dans la vie quotidienne de cette Rome pontificale des XVIIe et XVIIIe siècles, théâtre d’un gigantesque bouleversement artistique.

Le lecteur voyage, guidé par Patrick Barbier, au cœur des chefs-d’œuvre musicaux de la Rome baroque. Entre anecdotes historiques et documents inédits, nous découvrons l’aristocratie romaine et ses plaisirs, les courses de chevaux et les carnavals, les palais privés et les soirées à l’opéra, mais aussi l’étonnante vie culturelle et les cérémonies somptueuses du Vatican.


Christian ROBIN

La Loire romantique

Les Éditions du Petit Pavé

  • Boîte Postale 17, 49320 – Brissac-Quincé
  • Téléphone : 02 41 54 60 21
  • Site Internet

Robin_Christian

Longtemps au XIXe siècle, la Loire est un axe de communication inévitable pour se rendre dans l’Ouest de la France ou en revenir. Même lorsqu’elle n’est plus devenue navigable, elle accompagne d’Orléans à la côte, le voyageur qui emprunte le chemin de fer. Pour diverses raisons les plus grands romantiques l’ont empruntée ou longée. Elle les inspire de différentes façons, certains y jettent un regard peu attentif comme Hugo ou George Sand, pressés par le désir d’arriver, mais quand Stendhal l’emprunte il voit dans cette navigation une merveilleuse occasion de reportage. Que Michelet en remonte le cours, il remonte en même temps le fleuve de l’Histoire. Les romanciers n’ont pas manqué de choisir la Vallée pour cadre de leurs intrigues ; qu’il s’agisse du grand Dumas ou plus modestement de Verne. Mais il faut avouer que Balzac, né à Tours, est le grand poète du fleuve de cette époque romantique.

En tout cas, une chose demeure, l’admiration que nous portons désormais aux sites de la Vallée de la Loire et à l’histoire qui y prit place est directement issue de ces pionniers du tourisme contemporain.

Robin_La Loire romantique

Eléments biographiques

Agrégé de grammaire, docteur d’État (Sorbonne, 1981), Christian Robin a été professeur de littérature française moderne et contemporaine à l’Université de Nantes. Auteur de plusieurs articles et ouvrages (dont Un monde connu et inconnu : Jules Verne (1978) il a dispensé de nombreuses conférences en France et à l’étranger et participé à plusieurs émissions radiophoniques ou télévisuelles. Organisateur des premiers colloques universitaires consacrés à Jules Verne (1975), puis à Pierre-Jules Hetzel (1986), il a eu la responsabilité des Cahiers du Musée et du Centre d’études Jules Verne.

La Ville de Nantes lui a confié l’édition des manuscrits inédits de l’auteur des Voyages extraordinaires, parus aux Éditions du Cherche-Midi et dont certains volumes ont été traduits en plusieurs langues. En 2004, il a codirigé la Décade de Cerisy-La-Salle : « Jules Verne : cent ans après ». De 1993 à 2000, il a été directeur du Centre d’études du français langue étrangère de l’Université de Nantes. Il a été invité à plusieurs reprises par l’University of the South (Tennessee, USA) et l’Université de Kobé-Kaisei (1996). Depuis 2002, il est président de la Société ligérienne d’art et de littérature. Il participe aux travaux du conseil scientifique des Lyriades. Il est également membre de l’Académie des Sciences, Lettres et Arts d’Angers.

En savoir plus

Blog de Christian Robin

Babelio


 

Jules Verne

Les Voyageurs du XIXème siècle

Présenté et annoté par Jean-Yves PAUMIER

Paulsen

J-Y. Paumier_MG

Le XIXe siècle fut un siècle d’inventions et de découvertes durant lequel les hommes ont repoussé les limites de la connaissance. Quelle plus belle matière pour l’auteur de récits d’aventure et de science-fiction qu’était Jules Verne ? Entre 1878 et 1880, il publie chez son éditeur, Hetzel, une Histoire générale des grands voyages et des grands voyageurs.

Le troisième tome est consacré aux voyageurs du XIXe siècle et en particulier aux circumnavigateurs français et étrangers. Du Brésil à l’Australie, du Japon au Kamchatka, Jules Verne conte les voyages des Freycinet, Duperrey ou Kotzebue, leurs découvertes géographiques et botaniques, mais également leurs rencontres avec les autochtones. À la suite de Dumont d’Urville, Bellingshausen, Parry ou Franklin, le grand écrivain nous entraîne aussi vers de nouveaux horizons : les régions polaires.

Paumier_Paulsen_2015

Illustré par plus de 300 documents et cartes, ce récit historique se lit comme un roman d’aventure. Le texte est complété par de nombreuses notes explicatives rédigées par un spécialiste de Jules Verne, Jean-Yves Paumier, et imprimées sur un livret à part.

Extrait consultable du livre

Article du Figaro littéraire (15 décembre 2015)

Paumier_Article du Figaro

Jules Verne News

Autres ouvrages de Jean-Yves PAUMIER :

  • La Loire Insolite (partie Basse-Loire, CLD, 2001)
  • Jules Verne, voyageur extraordinaire – Géographie des mondes connus et inconnus, Glénat et la Société de Géographie, 2005 ; version poche, 2008
  • Guide littéraire de Loire-Atlantique, Siloë, 2010
  • La Bretagne pour les Nuls, First, 2011

 

Jean de MALESTROIT

Passeur de jours, journal (2005-2014)

Éditeur : Pierre Guillaume de Roux

Dense, grave,  brillant, surtout, est le livre que Jean de Malestroit vient de publier. Il s’agit d’un extrait en réalité d’un journal que le chancelier d’honneur de notre Académie de Bretagne et des Pays de Loire tient depuis fort longtemps. La forme adoptée pourrait conduire à penser qu’il ne s’agit que de simples remarque anecdotiques, enregistrées assez régulièrement, sans être à proprement quotidiennes. Cette absence d’habitude plaide du reste en faveur d’une grande spontanéité de l’écriture. Ces lignes sont nées du désir de  capter ce que la pensée a de plus labile.

Jean de Malestroit

Une impression fugitive ? Une lecture qui prend tout à coup sens ? Une volonté de s’installer dans le temps, ne fut-ce qu’une seconde ? Un paradoxe soudain apparu ? Quelques mots suffisent à donner du poids à la réflexion. Qu’elle prenne de multiples directions donne à l’ensemble du livre un chatoiement d’où se dégagent néanmoins des constantes qui sont autant de lignes de force.

Certes, de menus faits quotidiens y tiennent leur place, source de réflexions implicites. Le monde des lettres ne manque pas d’anecdotes :  élections surprises à l’Académie française, qui rappellent que les grands de ce monde ne sont que de simples mortels. Il est bon parfois de faire sa place à un réalisme de bon aloi, si féroce qu’en soit  sa cocasserie :  une voyageuse d’un certain âge  s’impatiente du lourd retard pris  par le TGV, immobilisé par suite d’un suicide sur la voie : «  Comme s’il n’avait pas pu prendre des cachets comme tout le monde ! » lance-t-elle en guise de brève oraison funèbre. Propos  au demeurant sensé, qui permet de mieux mesurer le sans-gêne contemporain. Un curé plongeait dans la  Seine pour récolter des fonds ? Ce petit fait vrai provoque inmanquablement la réaction du lecteur qui se dit : « Mais oui, quand reverrons-nous un clergé à la véritable audace  ? »

Passeur de jours

Un journal puise toujours dans l’autobiographie : le lecteur attend donc avec impatience que sa curiosité soit satisfaite. Alors, non sans malice, Jean de Malestroit conte comment avoir un nom imprimé sur une couverture de revue fut une sorte de challenge qui décida, – en partie – , de sa vocation d’écrivain. Malgré l’amertume que renouvelle le souvenir, il est plaisant de  savoir qu’à l’École Saint-Stanislas le collégien n’eut qu’un médiocre livre pour toute reconnaissance du service de la messe qu’il avait assuré une année scolaire complète. Nous sommes preneurs, quand il évoque la silhouette de Jankélévitch , ou le souvenir de Jean Wahl, nous devinons que ce furent ces maîtres qui donnèrent à l’étudiant d’alors sa véritable orientation.

Nous  touchons là à l’origine de la véritable fascination que l’écriture et la philosophie exercent depuis cette époque sur l’homme qui voit désormais sa vie d’un seul regard. Qui sait si les phrases lapidaires, les aphorismes qu’autorise le genre du journal ne renouent pas à bien des égard avec les courtes sentences laissées par le pré-socratiques, qui en deux mots résumaient toute une pensée ?

À cet effort de concentration tendent toutes ces pages. Elles naissent, il faut le souligner, dans un contexte de haute volée. Les maximes que l’on attend d’un moraliste sur le bonheur, la vie en société, l’amitié, la séparation, le besoin d’écrire, reçoivent un éclairage singulier. En effet, une éminente culture leur conserve une densité durable. Dostoievski, Cervantès, Gracq , pour la littérature, Tchaikovski pour la musique classique, Cranach, pour la peinture, – il  est d’autres noms tout aussi prestigieux -, ne sont pas seulement des exemples qui parlent par eux-mêmes, ils ont été l’objet d’une interprétation personnelle qui conforte l’originalité du propos. C’est dans ce contexte également que, très attaché au Livre et plus encore au Nouveau Testament, Jean de Malestroit, qui ne cache pas ses certitudes religieuses, se livre à une exégèse tout à fait originale de ces textes qui depuis des siècles n’ont pas épuisé leur richesse.

Il leur doit, à ces Écritures, la magnifique méditation sur le temps que peu à peu il conduit avec persévérance. Mais la Bible n’est-elle pas le résultat d’une conception du temps dont les œuvres du Moyen Age ont à foison proposé le modèle sublime ? Inspirée par cette conception,  l’Église a longtemps cultivé une harmonieuse coïncidence entre les saisons et le calendrier liturgique. Le paroissien de Vallet reste très attaché à un culte qui rend un si bel hommage à la nature. Bienheureux a-t-il été d’avoir pu  connaître les processions des Rogations qui furent les dernières du diocèse à disparaître dans le vignoble !

Notre , moraliste aime à se placer dans le vaste empan du Temps, mais il est d’une ingéniosité  sans borne pour en évoquer les détails. Ou plus exactement les mille et une manières dont on le perçoit. L’ennui, l’attente, le poids du temps sur le corps ne sont pas sentiments ou perceptions donnés d’un bloc, lueurs nuances, sinon leurs natures sont autant d’objets d’analyses étonnantes de lucidité. Parmi ces dernières, celle qui touche à l’allongement de l’existence retient particulièrement l’attention : désormais la vraie vie ne s’arrête plus, hélas, avec le cœur.

La mort est omniprésente dans ce petit livre qui préfère la gravité à l’anecdotique. Présence de Montaigne ? Jean de Malestroit la fréquente volontiers, notamment dans les cimetières au moment de la Toussaint, mais il nous donne le sentiment qu’il en est parfois le messager. Saisissante est à cet égard la dernière entrevue qu’il eut avec Julien Gracq dont l’ombre s’éloignait dans le couloir sombre de la maison de Saint-Florent, prête à être embarquée sur une plate. Bel et poétique hommage de la part d’un  passeur de jours qui retrouve  étrangement à cet instant  le rythme  du calme balancement de Charon.

Christian ROBIN

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Michel CATALA
La France, l’Espagne et l’indépendance du Maroc -1951-1958

Éditeur : Les Indes savantes, 2015

Après des années de crises et de tensions marquées par la Guerre d’Espagne, la Seconde Guerre mondiale et l’isolement international du régime franquiste en 1945, la France et l’Espagne reprennent des relations diplomatiques normalisées en 1950 dans le contexte des grandes crises de la guerre froide qui poussent les occidentaux à retrouver des vertus stratégiques à l’Espagne du général Franco.

Les relations entre les deux voisins, difficiles par nature, sont rapidement perturbées par la décolonisation. Le partage de facto du protectorat marocain entre les deux pays depuis 1912 en faitdes partenaires par nécessité mais des concurrents par ambition. Au lieu de les réunir, la question de l’indépendance de l’Empire chérifien accentue leur rivalité.

La France subit la crise marocaine et les autorités du protectorat s’engagent dans une politique de force face au développement du nationalisme et aux résistances du Sultan.


Philippe HERVOUËT,
Nantes de mémoire de peintres

Nantes de mémoire de peintres, de Philippe Hervouët, présente plus de 250 œuvres par 80 peintres du cru ou de passage. Le livre montre l’évolution de Nantes depuis plus
de deux siècles à travers la sensibilité des artistes qui ont voulu en exprimer l’âme.

Il permet de faire connaître beaucoup d’oeuvres inaccessibles au public et de faire
valoir des artistes de talent dont beaucoup sont oubliés ou méconnus.

Ce livre a été élaboré en relation avec le musée d’histoire de Nantes qui a apporté
son concours scientifique sur l’histoire de l’art dans la ville.


Paul Louis ROSSI
Berlin, Voyage en automne

Le voyageur d’automne à Berlin est seul dans l’immense capitale. Il loge dans un appartement de la rue Schliemann, celui qui a découvert le site de l’antique ville de Troie. Le visiteur à partir de l’Est suit la ligne des ruines et des entassements de pierre du fameux mur de Berlin, qui séparait la ville en deux entités hostiles. Il sera rejoint en fin de séjour par une femme nommée Marie. Le récit s’attache à la découverte des quartiers, de l’espace, à l’humeur des rencontres et des personnes. C’est ainsi que l’on croise le palais de Sophie-Charlotte de Brandebourg, protectrice de Leibniz, Robert Musil, celui de L’Homme sans qualités, Bertolt Brecht, et même le buste d’Aldebert von Chamisso : L’homme qui a perdu son ombre. Il faudra songer à La leçon d’allemand, livre de Siegfried Lenz. Et surtout à l’histoire d’Alice des les villes et Ailes du désir de Wim Wenders. Et nous confier enfin à la chanteuse des rues de l’île, entre les bras de la rivière Spree, qui rappelait aux passants Le temps des Lilas.
Échos d’ici et d’ailleurs
Échos d’ici et d’ailleurs 132 133


Philippe LE GUILLOU
Paris intérieur,

Éditeur : L’Arpenteur

Le quartier du sentier, les environs de la Bourse, l’ancien domaine de la presse et du textile, ses rues étroites, la frontière des Grands Boulevards, l’éminence du Montorgueil, la rue Poissonnière par laquelle les marées du Nord descendaient vers les Halles : ce vieux Paris, central et secret, se dévoile au cœur d’une exploration qui est bien plus qu’une cartographie nostalgique du IIème arrondissement.

Paris intérieur est le carnet d’un marcheur attaché à cet espace stratégique, contigu à l’ancien «ventre de Paris». Il se déploie au rythme de promenades, de déambulations poétiques, attentives au présent, aux nouveautés, au passé aussi, toujours vivant et comme en filigrane.

En une vingtaine d’années, le visage du quartier a changé, mais les fantômes, les souvenirs, les grandes figures, surgissent au hasard des boutiques, des cafés, des rues, de leurs noms, de la part d’histoire qui leur est associée. Paris intérieur est le livre d’un piéton, à la suite de tant d’autres, qui chemine dans un territoire connu, habité ; c’est un certain regard aussi, personnel, porté par une émotion, un attachement à la capitale, à sa mémoire et à son imaginaire.


Pierre PÉAN,
Compromissions

Jeux, prostitution, trafic de drogue : pour les parrains mafieux, la Corse est le paradis des «affaires». Mais pour qu’elles prospèrent comme ils l’entendent, ils ont besoin du plus grand laxisme administratif, doublé de la plus grande bienveillance policière et judiciaire. Ce qui explique d’une part, les accointances du «Milieu» avec des soutiens haut-placés en métropole et, d’autre part, l’intrication du combat indépendantiste et des actions criminelles commanditées par des truands désireux d’asseoir leur mainmise sur l’île de beauté.

De la French Connection à l’assassinat de préfet Érignac, des bases africaines de la mafia corse aux cercles de jeu parisiens, l’enquête de Pierre Péan retrace la guerre
ouverte entre hors-la-loi et tenants de l’ordre républicain qui sévit depuis les années 1930.

Un vrai thriller où les cadavres des victimes de règlements de comptes tiennent lieu de marque-pages.


Michel CHAILLOU,
Journal

Éditeur : Fayard

Auteur d’une oeuvre de premier plan, Michel Chaillou a tenu un journal pendant un quart de siècle. Impressions le lecture, ébauches de romans qu’on voit naître et grandir, doutes et enthousiasmes : comme tout journal d’écrivain, celui-ci ressemble à la visite d’un atelier, créant entre l’auteur et son lecteur une manière de proximité, presque de
familiarité.

Même quand la notation est lapidaire, la remarque apparemment triviale, le style demeure inimitable, avec ses fulgurances, sa férocité parfois, sa tendresse, son humour, sa poésie. Qu’il croque la silhouette d’un passant, commente Montaigne ou réagisse à l’actualité du jour, il fait entendre sa voix singulière, celle d’un homme habité par la littérature, dont il ne cesse de chercher l’impossible définition.


Marie-Hélène PROUTEAU,
La Petite Plage

Éditeur : La Part Commune

Marie-Hélène Prouteau construit ce livre en vingt-six fragments reliés entre eux par un même fil, une petite plage bretonne. Ce lieu d’enfance construit un de ces paysages premiers et universels, tels ces vergers, jardins publics jardins publics ou coins de rivière que chacun de nous garde au coeur .

Pour elle, la «petite plage» est habitée par Gauguin, Michèle Morgan, Roland Doré, He Hifu, Victor Segalen, Yann Tiersen. Ou par des êtres chers (sa grand-mère). Elle s’anime de visions souvenirs (le soldat allemand fuyant Brest en ruines). Le présent la traverse (les femmes afghanes, les naufragés de Lampedusa). C’est dire si elle est le lieu de l’ouvert vers l’autre et l’ailleurs fécondé aussi par le regard de François Cheng.

Dans cette promenade de grand vent qui bouscule les époques, se tisse un rapport sensitif aux éléments, odeur du varech, beauté sauvage des rochers, des vagues, des dunes, souvent tremplin du rêve.

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