Du 14 mai au 14 juin : Écrire le territoire : À l’occasion d’un cycle consacré à l’architecture et l’écriture, la Maison de l’architecture des Pays de la Loire invite le Pavillon de l’Arsenal et l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire le temps d’une exposition.
Alors que de nombreux écrivains contemporains s’intéressent au fait architectural et que l’écriture constitue un outil non négligeable pour les architectes, l’exposition écrire le territoire révèle les liens entre les pratiques de l’écriture et la représentation des espaces, des usages, sensations et histoires que l’architecture fait naître.https://www.ma-paysdelaloire.com/
Cliché Xavier Noël
Une trentaine de textes publiés dans les Cahiers de l’Académie sont exposés.
Une journée avec Michel Ragonle jeudi 30 mai en présence de Françoise Ragon.
L’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire dont Michel Ragon était membre d’honneur depuis 1989 commémore le centenaire de sa naissance (1924 – 2020) en proposant, associée à l’Université Permanente, au Musée d’Arts de Nantes, ainsi qu’au Centre d’histoire du travail, un cycle de conférences publiques et gratuites. (Voir programme en rubrique animations)
Le mardi 14 mai eut lieu la traditionnelle séance de printemps de l’académie littéraire de Bretagne et des pays de la Loire, au Conseil départemental de Loire-Atlantique, quai Ceineray, à Nantes.
À l’ouverture de la séance, Karine Paviza, Conseillère départementale, membre de la commission citoyenneté, représentant Monsieur Michel Ménard, Président du Conseil départemental de Loire-Atlantique, a rappelé l’importance du livre et de la lecture dans un contexte socio-économique où se perdent les références culturelles classiques.
Dominique Pierrelée et Karine Paviza
Dominique Pierrelée, chancelier de l’académie littéraire, répondit à ses propos en soulignant l’attachement de l’institution qu’il préside aux principes de la littérature dans la diversité de ses expressions artistiques, de la prose à la poésie notamment. Rappelant les principales missions qui sont celles de l’académie, il remerciait le conseil départemental pour le soutien qu’il lui apporte dans son action, et en particulier dans l’attribution du prix de Loire-Atlantique.
Le souvenir de Jean Lavoué
Animateur de la séance, Henri Copin, président du jury du prix Yves Cosson de Poésie, rappela l’ordre du jour de la soirée avant de passer la parole à Ghislaine Lejard afin d’évoquer la mémoire du poète et éditeur de poésie Jean Lavoué, décédé le 8 mai 2024 à Hennebont, où il s’était installé il y a trente ans. Il était né le 25 mars 1955 à La Fresnais (près de Saint-Malo).
Fondateur de la maison d’édition L’Enfance des arbres en 2017, à Hennebont, il consacra sa retraite à l’écriture et à la poésie, puisant notamment dans ses promenades le long du Blavet l’inspiration de nombre de ses poèmes imprégnés de nature.
Pour ses recueils de poésie, il avait reçu en 2019 le prix Yves Cosson de l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire. Il fut sensible à cette distinction que plusieurs de ses amis (Yvon Le Men, Gérard Le Gouic et Pierre Tanguy notamment) avaient déjà reçu.
Photo de couverture du livre « Des clairières en attente » de Jean Lavoué. Publication Médiaspaul 2021 (Photo de l’auteur)
Parmi ses derniers ouvrages publiés figurent :
2022 : Le poème à venir, pour une spiritualité des lisières
2021 : Voix de Bretagne : Le chant des pauvres, évoquant les visages de Michel Le Bris, Armand Robin, Yann-Fañch Kemener, Anjela Duval, Guillevic, Jean Sulivan, René Guy Cadou, Max Jacob, Georges Perros et Xavier Grall.
Prix Yves Cosson de Poésie
Henri Copin appela ensuite Hervé Carn à le rejoindre à la tribune pour la remise du Prix Yves Cosson de Poésie qui rappelle la mémoire de ce poète, universitaire, membre de l’Académie de 1960 à 2012 dont il fut le secrétaire général de 1968 à 1992. Le prix distingue un poète pour l’ensemble de son œuvre. Cette dernière doit avoir un lien avec la Bretagne ou les Pays de la Loire.
Écrivain né le 30 avril 1949 à Fumay (Ardennes), d’une famille originaire du Finistère, Hervé Carn passe son enfance et son adolescence dans les Ardennes. Son lien avec la Bretagne tient à ses racines familiales locales et aux vacances qu’il passe à Brest, dans la presqu’île de Crozon et à Plonévez-du-Faou. Par la suite, il effectue ses études universitaires à Charleville et à Paris jusqu’à l’agrégation puis un doctorat de littérature française.
En 1973, il décida d’aller vivre à Quimper avant de s’installer en 1980 à Plancoët, ou il demeure aujourd’hui encore. Auteur de romans, d’essais, de poèmes, Hervé Carn a très tôt la conviction que ces activités recèlent plus de différences que de ressemblances, tant par les postures d’écriture, les matériaux employés que l’investissement qu’ils nécessitent. Attentif à la qualité matérielle de ses livres, il partage cette préoccupation avec la plupart de ses éditeurs. Associé à de nombreuses revues internationales (NRF, Serta, Les Lettres françaises, Europe…), ses textes sont traduits en polonais, allemand, espagnol, galicien, anglais et italien. Présent dans plusieurs anthologies de romans ou de poésie, il a participé à de nombreux livres de luxe ou d’artiste en France comme à̀ l’étranger.
De gauche à droite : Hervé Carn, Henri Copin et Jacques Boislève.
Avant la remise de son prix, Henri Copin puis Jacques Boislève soumirent Hervé Carn à plusieurs questions concernant son œuvre et ses sources d’inspiration pour l’un et l’intérêt qu’il porta à Julien Gracq pour l’autre. Jacques Boislève fut en effet un ami de l’auteur de l’ouvrage Le rivage des Syrtes, à qui il rendit de nombreuses visites à Saint-Florent-le-Vieil.
Quelques œuvres d’Hervé Carn (bibliographie non exhaustive)
Proses critiques
1986 : Bernard Noël, « Poètes d’aujourd’hui », Seghers, 1986
2001 : Benjamin Péret et la Bretagne, Blanc Silex
2002 : Julien Gracq, Rencontre, L’Atelier des Brisants
2004 : Au pays d’Aimé Césaire, Diabase, 2004
1998 : Georges Perros-Bernard Noel
2022 : Correspondance (préface et notes de Hervé Carn), Éditions Unes
2023 : Georges Perros, La vie est partout, éditions La Part Commune
Poésie
1980 : Les chaises vides (précédée de Lettre verticale XII de Bernard Noël), Ubacs
1982 : La nuit est pauvre, solitaire, Hôtel Continental
1998 : Le rêveur inutile, Ubacs
1990 : L’œil du monde, Hôtel Continental
1993 : Le peu d’air, Rencontres
1996 : L’organisation de la pénombre, Dumerchez
1997 : Avec Sima, Mont Analogue, 1997
2001 : Hoquets du silence, Dumerchez, 2001 (Prix Georges Perros)
2005 : L’Arbre des flots, Césure, 2005
2008 : Vent de cendre, Dumerchez, 2008
2019 : Le Bruit du galop, Folle avoine
L’Abattoir, Folle avoine
Le Grand pas, Folle avoine
Petits secrets (Le bruit du galop) 2019
Le vent pousse les vagues Sur tes pieds nus Me réveillent chaque matin Vers quatre heures ces vers Qui frappent mon crâne Non entendus ex-tendus Hors des fosses intimes Des oublis des émotions Ils suscitent des images Voilées par leur retour Ces mots collent aux dents Ne peuvent s’exfiltrer De ma bouche qui les malaxe Ne peuvent donner de l’air Au corps épuisé par les rêves Ne peuvent qu’être eux-mêmes Et puis peut-être me dis-je N’ont plus d’autre fonction Cruelle que celle de ramener Ce que je suis au rang D’une arche inutile.
Prix de Loire-Atlantique
Jean-François Caraës prit ensuite la parole pour inviter Maria del Carmen Márquez Gómez et Hélène Rousteau-Chambon, corécipiendaires du prix, à la rejoindre, pour la présentation de leur ouvrage intitulé L’architecture privée à Nantes au XVIIIème siècle, publié par les Presses Universitaires de Rennes.
María del Carmen Márquez Gómez a soutenu une thèse européenne en 2016 à l’université de Cadix. Intitulée Arquitectura privada en las ciudades atlánticas en el siglo XVIII : Cádiz y Nantes, elle fut dirigée dans ce travail par Fernando Pérez Mulet et par Hélène Rousteau-Chambon. Elle fut aussi l’autrice de plusieurs articles sur l’architecture privée des villes portuaires.
Professeur d’histoire de l’art moderne à l’université de Nantes, Hélène Rousteau-Chambon est membre de l’UMR 6566 du Centre de Recherche en Archéologie, Archéosiences et Histoire, au LARA (Laboratoire de recherche ARchéologie et Architectures Nantes). On lui doit la publication de plusieurs ouvrages en lien avec l’architecture (Les mascarons de Nantes, de simples décors plaisants ?, L’Enseignement à l’Académie royale d’architecture), comme la participation à de nombreuses œuvres collectives ou la rédactions d’articles sur l’architecture.
De gauche à droite : Jean-François Caraës, María del Carmen Márquez Gómez et Hélène Rousteau-Chambon
Comme elles l’expriment dans la présentation de l’ouvrage primé : « Longtemps, on a pensé que la Nantes du XVIIIe siècle devait sa physionomie à la fortune des seuls négociants-armateurs et au commerce maritime. La réalité est beaucoup plus complexe. Les acteurs de la métamorphose de la cité ligérienne sont multiples et l’architecture privée nantaise diversifiée. Née de l’adaptation aux contraintes d’une ville en pleine expansion, cette architecture permet d’afficher la réussite de ses commanditaires tout en constituant un logement intime. Malgré sa richesse, cette architecture reste encore méconnue et cet ouvrage lui redonne une visibilité. Une synthèse sur un long XVIIIe siècle et 58 monographies permettent d’appréhender cette architecture emblématique de la première grande phase d’expansion de la ville. »
Par la présentation à l’écran de morceaux choisis, sous formes d’illustrations ou de références issues du travail des deux chercheuses, Jean-François Caraës s’appliqua à montrer la pertinence et la qualité de leur investigation. L’ouvrage est en effet remarquable par son abondante iconographie, ses plans détaillés permettant de situer dans l’espaces les lieux cités ou leurs configurations d’ensemble, ses commentaires, ses sources et ses notes.
Dominique Pierrelée, Karine Paviza, María del Carmen Márquez Gómez, Hervé Carn, Jean-François Caraës et Henri Copin.
Après la remise de leur prix par Dominique Pierrelée, les récipiendaires des deux prix furent invités ainsi que les membres de l’académie présents et l’assistance au cocktail de clôture offert par le Conseil départemental de Loire-Atlantique.
Fleur HOPKINS-LOFERON, Voir l’invisible, Histoire visuelle du mouvement merveilleux-scientifique (1909-1930), Champvallon Lien vers le Grand prix Jules Verne. Le prix sera remis à la lauréate le jeudi 13 juin 2024 à 18 h à l’hôtel de Ville de Nantes.
Etaient également en lice dans le trio de tête : Hélène ARTAUD, Immersion, Rencontre des mondes atlantique et pacifique, Les Empêcheurs de tourner en rond, La Découverte, et Stéphane PRZYBYLSKI, Burning Sky, Denoël.
Prix de l’Académie
Dimitri Rouchon-Borie, le Chien des étoiles, Le Tripode. Lien vers le prix de l’Académie. Le prix sera remis au lauréat le jeudi 13 juin 2024 à 18 h à l’hôtel de Ville de Nantes.
Etaient également en lice dans le trio de tête: Sophie Berger, Banc de brume, Gallimard, et Sorj Chalandon, L‘Enragé, Grasset
Prix Yves Cosson de poésie
Hervé Carn pour l’ensemble de son oeuvre Lien vers le prix Yves Cosson de poésie. Le prix sera remis au lauréat le mardi 14 mai 2024 à 18 h à l’hôtel du département de Loire-Atlantique.
Prix de Loire-Atlantique
Maria del Carmen Márquez Gómez et Hélène Rousteau-Chambon, L’architecture privée à Nantes au XVIIIe siècle, Presses universitaires de Rennes. Lien vers le prix de Loire-Atlantique. Le prix sera remis aux lauréates le mardi 14 mai 2024 à 18 h à l’hôtel du département de Loire-Atlantique.