08/10/2026 : Journée Louis Guilloux à Saint-Brieuc

Le bureau de Louis GUILLOUX

Le 8 octobre 2026, une délégation de près de vingt personnes, membres de l’académie ou amis de cette dernière, se retrouva à 10h30 sur le parvis de la bibliothèque André Malraux, au 44 rue du 71ème régiment d’infanterie, à Saint-Brieuc. Ils y furent accueillis par Arnaud Flicy, conservateur du fonds patrimonial de la bibliothèque municipale de Saint-Brieuc, spécialiste de Louis Guilloux, en charge notamment des archives concernant ce dernier. Participait également à l’accueil Nicole Ozeray, présidente de la Société des amis de Louis Guilloux.

Portrait de Louis GUILLOUX

À l’invitation du conservateur, les visiteurs furent invités à se rendre dans la salle de lecture (dite « salle de l’Ymagier ») construite en 1863 par l’architecte Alphonse Guérin, que fréquentèrent parmi d’autres Alfred Jarry, Georges Palante, Anatole Le Braz ou Roger Nimier. L’établissement possède notamment 193 manuscrits du XIIème siècle, 43 incunables et une importante collection de cartes postales sur la Bretagne.

Arnaud FLICY et les membres e l’académie à la médiathèque André Malraux.

Arnaud Flicy rappela en préambule que Louis Guilloux était familier de ce lieu où sont sauvegardés aujourd’hui les fonds d’archives concernant son œuvre littéraire. Guilloux en donne d’ailleurs dans ses écrits une description savoureuse, révélatrice des pratiques de fréquentation, en une autre époque, d’une telle institution. Il précisa que c’est également dans cette même bibliothèque que Louis Guilloux rencontra Jean Grenier en 1917, avec qui il se lia d’une amitié durable. Professeur de philosophie d’Albert Camus à Alger, Grenier fut à l’origine de la rencontre qui scella une autre amitié, celle de Guilloux et de Camus.

En introduction de l’évocation de Louis Guilloux, Arnaud Flicy rappela que les réserves de la bibliothèque conservent près de 500 000 feuillets (notes, documents et manuscrits) témoignant qu’avant d’être l’auteur reconnu que l’on sait, Louis fut un journaliste à l’esprit méthodique et organisé. Ses carnets sont les révélateurs précis de ses méthodes, rassemblant au détour des pages des annotation diverses, des articles de journaux voire des cartes postales.

Présentation d’un manuscrit de Louis Guilloux

Né en 1899 à Saint-Brieuc (où il décéda en 1980), l’auteur de La maison du peuple (1927), puis du Sang noir (1935) – auquel le Prix Goncourt échappa de peu – obtint en 1942 le Prix du roman populiste pour Le Pain des rêves, le Prix Renaudot en 1949 pour Le Jeu de patience, avant de recevoir le Grand Prix national des Lettres en 1967. Le début de sa traversée du XXè siècle fut marqué, comme pour nombre d’écrivains de sa génération, par le contexte de la guerre de 1914. Son milieu familial modeste, dont il rend compte dans La maison du peuple ou Le pain des rêves, explique sa sensibilité particulière aux plus démunis, aux laissés pour compte de la société. Son engagement contre le fascisme confirma par la suite sa réceptivité aux courants qui traversèrent une époque marquée, outre les deux conflits mondiaux, par des affrontements idéologique et politiques.

Sous l’angle littéraire, l’expression de Louis Guilloux relève du réalisme, marquant sa proximité avec la littérature prolétarienne. Éloigné du sentimentalisme romantique, il explore différentes voies, ainsi la temporalité condensée en une seule journée révélée par Le Sang noir contraste avec le demi-siècle du déroulement de l’intrigue dans Le Jeu de patience.

Arnaud Flicy aborda ensuite le fonds d’archives de Louis Guilloux et expliqua le rôle exercé par Françoise Lambert. Amie de l’écrivain, elle l’aida notamment à mettre en ordre ses documents d’archives en vue de la publication posthume du volume II des Carnets, publié chez Gallimard en 1982 (à la suite d’un premier volume paru en 1978). On doit également à Françoise Lambert les annotations du recueil de souvenirs autobiographiques de cet auteur, paru chez Gallimard en 1984, sous l’intitulé L’Herbe d’oubli.

Après le décès de Guilloux, elle contribua à rassembler les documents disséminés dans différents lieux, principalement la maison de l’écrivain à Saint-Brieuc (acquise par la ville de Saint-Brieuc en 1981 et réhabilitée en 1993), mais également au siège des éditions Gallimard, en lien avec la Société des amis de Louis Guilloux, constituée dès 1980.

Dans un second temps, Arnaud Flicy présenta aux participants plusieurs documents originels révélateurs des modalités du travail d’écriture de Louis Guilloux. De façon méticuleuse, l’auteur collectait et rangeait, dans une organisation et une chronologie précise, les éléments documentaires qui lui seraient nécessaires pour la phase postérieure de rédaction.

Sylvie Golvet, autrice d’une thèse de doctorat intitulée Louis Guilloux, l’ambition du romancier, soutenue en 2008 à l’Université de Rennes II, a publié par la suite Louis Guilloux, devenir romancier. A partir des manuscrits et des notes du Sang noir, elle a notamment analysé le mécanisme de transformation des traces du réel en écriture romanesque.

Après le déjeuner, servi dans un restaurant voisin de la médiathèque André Malraux, la délégation de l’académie se retrouva en début d’après-midi au 13, rue Lavoisier, dans la Maison Louis Guilloux, où elle fut accueillie par Nicole Ozeray, présidente de l’association « Les amis de Louis Guilloux » et par Paul Recoursé, son président d’honneur.

Construite par le romancier en 1930, cette maison a obtenu en 2012 le label « Maison des Illustres », décerné par le ministère de la Culture, pour honorer des personnalités qui se sont distinguées dans les univers des arts plastiques et visuels, du spectacle et de la création musicale.

La présidente rappela en introduction que l’association qu’elle anime fut fondée dès la disparition de Louis Guilloux, en 1980. Elle compta parmi ses membres fondateurs Florence Malraux, André Chamson, Robert Gallimard, Roger Grenier, Clara Malraux, Marcel Maréchal, Jorge Semprun et Germaine Tillion, avec pour objet de promouvoir la mémoire et l’œuvre de l’écrivain, comme d’élargir sa notoriété.

Nicole OZERAY présentant la Société des amis de Louis Guilloux.

Aujourd’hui, la « Maison Louis Guilloux » sert différents objectifs et se veut être un lieu vivant et animé toute l’année. Résidence d’auteur, elle permet à des écrivains de s’extraire, pour un temps plus ou moins long, de leur univers habituel pour découvrir l’environnement briochin et s’imprégner de la personnalité de Louis Guilloux. L’association organise par ailleurs en ce lieu des rencontres littéraires, des ateliers d’écriture, et des visites guidées de l’atelier de l’écrivain.

Elle reconduit en outre chaque année le prix Louis Guilloux des jeunes, destiné à récompenser une œuvre littéraire en lien avec le thème de l’année. Ce concours s’adresse aux collégiens à partir de la classe de 4ème, aux lycéens, étudiants jusqu’à 25 ans ainsi qu’aux lycéens des établissements étrangers. Ce prix est subventionné par la Ville de Saint-Brieuc, le Département des Côtes d’Armor et la Région Bretagne. Enfin, Les amis de Louis Guilloux organisent différentes promenades dont un parcours dans le vieux Saint-Brieuc, sur les pas de Louis Guilloux.

Après la présentation de l’association par Nicole Ozeray, Paul Recoursé évoqua Le sang noir, l’un des ouvrages majeur de l’auteur, dont le quatre-vingt-dixième anniversaire de la parution fut célébré en 2025. Pour mémoire, l’ouvrage, admiré par André Gide, André Malraux et Louis Aragon, manqua de peu le prix Goncourt. Il fera plus tard l’objet d’une adaptation théâtrale par Marcel Maréchal en 1967, sous l’intitulé Cripure, et d’une adaptation télévisée par France 3 en 2006.

Lors de la publication du roman, le bandeau apposé sur la couverture comportait la mention : « La vérité de cette vie, ce n’est pas qu’on meurt, mais qu’on meurt volé ». ». Prêtée à Cripure, le personnage principal, elle exprime le sentiment de dépossession et d’amertume susceptible de s’emparer de tout être raisonnable confronté au constat de la réalité crue de l’existence. La personnalité centrale du récit, François Merlin (dit Cripure) est décrit comme un misanthrope désabusé, inspiré du philosophe Georges Palante (1862-1925).

Guilloux fit sa connaissance en 1916 avant d’entretenir avec lui une relation d’amitié qui se poursuivra jusqu’à sa mort, en 1925. Précurseur aujourd’hui oublié de la sociologie de l’individu, Palante supposait que toute question sociale nécessitait d’être abordée de façon politique et pas uniquement dans sa dimension philosophique.

Dans son ouvrage, Louis Guilloux relate une journée de l’année 1917 dans une cité provinciale qui, sans qu’elle soit nommée, s’apparente à Saint- Brieuc. Bien qu’éloignée des combats du front, l’atmosphère et le contexte du conflit influent sur la psychologie de la population. L’auteur dénoncera l’interprétation communiste prêtée par certains à son récit, hostile à la guerre, lui préférant le vocable de « livre anarchisant ».

Après cette évocation, la délégation de l’académie fut invitée à gagner au dernier étage le bureau de l’écrivain, conservé en l’état. Nicole Ozeray et Paul Recoursé expliquèrent la configuration des lieux dont la vue donne d’un côté vers la ville et le cimetière ou repose l’auteur, et offre de l’autre côté une échappée sur la baie de Saint-Brieuc.

Paul RECOURSE expliquant l’agencement du bureau de Louis GUILLOUX

En conclusion de cette émouvante journée, certains académiciens accompagnèrent Paul Recoursé au cimetière Saint-Michel, tout proche, où ils se recueillirent sur la sépulture de Louis Guilloux ornée d’un bas-relief de Charles Lemoine. Non loin, ils eurent l’occasion de s’arrêter devant une autre tombe, celle de Lucien Camus, dans le carré militaire du Souvenir français. Décédé à l’hôpital militaire de Saint-Brieuc, le père d’Albert Camus avait été grièvement blessé lors de la bataille de la Marne. Lors d’une visite à son ami Guilloux en 1947, c’est ce dernier qui emmena le futur prix Nobel de littérature sur la tombe de son géniteur.

La tombe de Louis GUILLOUX au cimetière Saint-Michel, à Saint-Brieuc.

Prochains rendez-vous de l’Académie

Les lauréats entourés par Dominique Pierrelée, chancelier, Xavier Noël qui accueillait Cédric Gras et Michel Germain qui accueillait Sylvie Le Bihan.

suivie d’une animation poétique autour d’Hélène Cadou et des poètes de Loire-Atlantique, lauréats du prix Yves Cosson de poésie.

Inscription obligatoire: academie.bretagnepaysdelaloire@gmail.com

16/12/2025 : Séance de l’Académie à l’Hôtel de Ville de Nantes

La réunion publique d’hiver, qui s’est tenue à l’hôtel de ville de Nantes le mardi 16 décembre, est venue clore l’exercice 2025 de notre institution. Elle fut marquée cette année par la remise d’un prix littéraire, la présentation du Cahier et l’entrée d’un nouveau membre.

En ouverture de la séance, Patrick Barbier, en charge d’animer la rencontre, a brièvement présenté le magistral intermède musical en trois parties, réalisé en vidéo à Notre Dame de Bon Port par Florence Ladmirault, organiste titulaire des grands-orgues de la basilique Saint-Nicolas et de l’église Notre-Dame de Bon Port à Nantes, petite-fille du compositeur Paul Ladmirault et membre de l’académie.

Florence Ladmirault à l’orgue de Notre-Dame de Bon Port.

Interprété sur l’orgue Louis Debierre de l’église Notre-Dame de Bon Port, ce programme a proposé en ouverture le Boléro de concert, opus 166, de Louis-James Lefébure-Wély, l’Allegro brillante de Vincenzo Petrali et Fric-Frac de Raymond Valli.

Un peu plus tard dans la soirée fut présenté le Noël suisse, d’Antoine Lefébure-Wély, avant, en troisième partie, de A la venue de Noël, d’Antoine Lefébure-Wély.

Patrick Barbier rappela que les Lefébure-Wély sont une famille d’organistes et compositeurs qui ont tenu les orgues de l’église Saint-Roch à Paris. Quant à Louis Debierre, facteur d’orgue né à Nantes en 1842 et qui y décéda en 1920, il fut le cousin de l’armateur et homme politique Charles Brunellière. Initié par son père ébéniste, il poursuivit sa formation à Paris. Installé plus tard à Nantes, il créa « La Manufacture » un atelier réputé dans la réalisation d’orgues importants qui lui valut de nombreuses commandes. Il construisit pas moins de 600 instruments.

Devant une salle comble, Dominique Pierrelée, chancelier de l’académie, ouvrit la séance à 17h30 par un mot d’accueil avant de rappeler en quelques mots les faits majeurs de l’année écoulée, notamment l’admission à l’Académie des sciences morales et politiques le lundi 3 octobre à Paris d’Olivier Grenouilleau, membre de l’académie, à la suite de son élection en avril dernier. Il annonça qu’un autre de ses membres, Emmanuel de Waresquiel, historien et spécialiste du siècle des Lumières, élu à cette même académie, occupera le fauteuil d’Emmanuel Le Roy Ladurie.

Au nom de Madame Johanna Rolland, maire de Nantes, Michel Cocotier, conseiller municipal de Nantes, en charge des délégations Pratiques artistiques en milieu scolaire et universitaire Lecture publique – Spectacle vivant et arts de la rue, lui a ensuite répondu, exprimant l’attention fidèle qu’accorde la municipalité à l’action poursuivie par l’Académie en faveur de la lecture et de la littérature.

Xavier Noël, président du jury, rappela que cette distinction, créée en 2024 avec le soutien de Nantes Métropole a pour objectif de valoriser des ouvrages dont le caractère scientifique répond aux grands enjeux de société. Il a été attribué cette année à Albert Moukheiber, un scientifique français, né le 08 octobre 1982 à Beit Mery au Liban.

Remise du prix à Albert Moukheiber

Docteur en neurosciences cognitives, titulaire d’un master en psychologie clinique, psychologue clinicien, ce dernier a travaillé pendant dix ans sur les troubles anxieux et la résilience à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. En 2018, il a cofondé Chiasma, un collectif dont les travaux sont axés sur le raisonnement critique et la flexibilité mentale, notamment sur la manière dont se forment les opinions et dont elles impactent les prises de décisions. Psychologue clinicien libéral, il enseigne à l’université Paris 8 la psychologie clinique et la psychopathologie

Le lauréat a notamment analysé les distorsions de raisonnement – biais cognitifs – qui ont été constatés à l’égard de sujets de société tels les vaccins ou le changement climatique. Il a notamment étudié la circulation des fausses informations constatée lors et à la suite de la pandémie de Covid.

Questionné par Xavier Noël, le lauréat a répondu avec une grande clarté et de façon brillante en exposant, à travers de multiples exemples tirés de la vie concrète, le sujet de sa recherche et ses interprétations.

Jean-François Caraës a ensuite présenté l’édition 2026 du traditionnel cahier qui rassemble dans un même ouvrage les contributions des académiciens à propos du thème annuel. Le sujet fut cette année celui de la transformation dans ses multiples acceptions. Le sommaire comprend cinq parties distinctes.

L’illustration de couverture du Cahier 2026 de l’Académie est un collage réalisé par Ghislaine Lejard, membre de l’Académie.
  • De Fontevrault à Fontevraud : le « génie du lieu »                   (Jacques Boislève)
  • L’Hôtel des Bains et de la Plage, à Pornichet                            (Michel Germain)     
  • Mutations : le cas du patrimoine industriel                               (Gaëlle Péneau)
  • La médiathèque des Capucins de Brest : une belle réussite
    de réhabilitation de bâtiment industriel                                   (Colette Le Lay)
  • Sable tu retourneras                                                                   (Henri Copin)
  • L’impermanence des lieux :
    notes en lisant Nos lieux communs                                            (Xavier Noël)
  • À propos du rôle de l’art dans la métamorphose des lieux : Rencontre avec
  • Fabrice Azzolin en son « Théâtre de Mémoires »                      (Michel Valmer)

En illustration de cette partie, Gaëlle Péneau, membre de l’académie, évoqua, à la lumière de son expertise d’architecte, plusieurs exemples de mutation du patrimoine industriel, la Tate moderne, la filature Leblan à Lille, le hangar à bananes, l’Ecole des Beaux-Arts et les Nefs, à Nantes.

  • La mutation d’un mythe : L’engloutissement d’Herbauges      (Dominique Pierrelée)
  • La mutation d’un paysage : L’effacement de la Baye de Bretagne (Dominique Pierrelée)
  • À Nantes, le quai Flesselles inspire les peintres                       (Jean-Louis Liters)
  • Trentemoult sublimé par le cinéma                                           (Philippe Hervouët)
  • De la disparition de la frontière ville-port à Saint-Nazaire       (Teodoro Gilabert)
  • « Nantes transfigurée »,
  • Paul-Louis Rossi et La voyageuse immortelle                          (Noëlle Ménard)
  • La musique, ou l’art de la perpétuelle réinvention                 (Patrick Barbier)
  • Le musée sur réserves                                                              (Vincent Rousseau)

Pour illustrer cette partie, Vincent Rousseau, conservateur au Musée des Beaux-Arts de Nantes de 1975 à 2011, commenta les conditions improbable de l’acquisition de quatre œuvres détenues dans les réserves du musée : La naissance de William Bouguereau, L’Ecossais d’Edgar Maxence, La nymphe d’Albert Besnard et Kizette en rose, de Tamara de Lempicka.

3°) – Regards sur le pays de Chateaubriant

  • Des contours historiques du pays de Châteaubriant                 (Jean-François Caraës)
  • La Sibérie du département a aussi des écrivains                      (Noëlle Ménard)
  • Le pays de Châteaubriant et la métallurgie du fer :
    une longue tradition                                                                   (Ronan Pérennès
  • La Mée socialiste, une aventure de presse castelbriantaise     (Bernadette Poiraud)
  • L’art d’élargir les limites                                                             (Ghislaine Lejard)

4°) – Francophonie et Europe

  • Passage d’un passeur – Dông Phong-Nguyên Tân Hung             (Henri Copin)
  • Exposition Livr’art à Europa Nantes                                           (Ghislaine Lejard)
  • Le musée Czartoryski en Pologne                                               (Claire Giraud-Labalte)
  • Leçons tirées de la protection du patrimoine culturel ukrainien   (Daryna Zhyvohliadova)
  • Des templiers pour l’Europe et la Francophonie                       (Philippe Josserand)

5°) – Dans le rétroviseur

Xavier Darcos et Olivier Grenouilleau
  • Hommage à Paul Louis Rossi
  • Paul Louis Rossi et Nantes, ville natale et lieu romanesque (Annie Ollivier)
  • Réception de nouveaux membres
    • Teodoro Gilabert
  • Michel Jullien
  • L’Académie hors les murs / Visites :
    • L’architecture de Nantes au XVIIIe siècle – Bécherel et la Maison du livre
    • Pays de Retz
  • Colloque Julien Gracq
    • De Saint-Florent-le-Vieil à Tokyo (Françoise Nicol)
  • Prix littéraires 2025
    • Grand prix Jules Verne
    • Prix de l’Académie
    • Prix Yves Cosson de poésie
    • Prix de Loire-Atlantique
    • Prix du livre sciences et société
  • Publications des académiciens en 2024-2025
  • Distinctions des académiciens
  • Liste des donateurs de l’Académie
  • Remerciements

Annie Ollivier, membre de l’académie, autrice avec son époux Joël Pitrel d’un ouvrage récemment paru sur le tramway de Nantes et sur la médiathèque, a rappelé ensuite la mémoire de Paul-Louis Rossi. Membre d’honneur de l’Académie depuis 2008, cet écrivain s’est éteint le 6 février 2025. Il avait fait don de ses archives à la Ville de Nantes et un hommage lui a été rendu le jeudi 6 mars 2025 à Nantes, salle Jules Vallès.

Fils d’une mère bretonne (Le Queffelec) et d’un père italien, il était né le 4 novembre 1933 à Nantes et décéda le 6 février 2025 à Saint-Mandé (Val-de-Marne). Il fut poète, romancier, essayiste, critique d’art, de cinéma et de jazz.

Parcours littéraire :

  • 1958 : publie Liturgie pour la Nuit
  • Années 1960 et 1970 : Contribue aux revues Action poétique et Change
  • S’immerge dans la vie culturelle parisienne, aspire à devenir journaliste.
  • Auteur d’une variété d’œuvres : des romans et récits aux poèmes et essais.
  • Ses récits incluent À propos de Nantes ou La Voyageuse immortelle (Les Lettres françaises, 1969) et Les Nuits de Romainville (Le temps qu’il fait, 1998), enrichis par des collaborations avec des artistes pour les illustrations.

Romans :

  • Régine, Julliard, 1990
  • La Montagne de kaolin, Julliard, 1992
  • La Palanchina, Julliard, 1993
  • Le Vieil Homme et la nuit, Julliard, 1997
  • La Vie secrète de Fra Angelico, Bayard, 1997
  • La Villa des Chimères, Flammarion, 2002
  • Le Buisson de Datura, Joca séria, 2006
Paul Louis Rossi (à droite) à côté de Jean-Louis Liters, membre de l’Académie.

John Tolan fut présenté par Philippe Josserand, normalien, agrégé d’histoire, professeur d’histoire médiévale à l’UFR Histoire, Histoire de l’Art et Archéologie de l’Université de Nantes, membre de l’académie, et par Dominique Barberis, également universitaire, auteure de nombreux ouvrages et membre également de l’académie.

Né le 16 avril 1959 à Milwaukee, cet universitaire et historien franco-américain est un spécialiste des contacts culturels et religieux entre mondes arabe et latin au Moyen Âge. Professeur d’Histoire à l’Université de Nantes, membre de l’Academia Europæa et de l’Institut d’Etudes Avancées de Nantes, il dirige le projet ERC « The European Qur’an » financé par l’Union européenne.

Admission de John Tolan à l’Académie littéraire.

Il commença ses études supérieure à l’université Yale, à New Haven, dans le Connecticut, avant d’obtenir un doctorat en histoire médiévale de l’université de Chicago en 1990, puis une habilitation à diriger les recherches de l’École des hautes études en sciences sociales de Paris en 2001. Il s’est penché dans ses travaux sur l’histoire des réseaux relationnels qui, dans le monde méditerranéen médiéval, ont établi un lien entre juifs, chrétiens et musulmans.

Ses nombreux ouvrages et publication évoquent les problématiques contemporaines qui s’inscrivent dans les rapports historiques entre civilisations chrétienne et musulmane, ainsi que dans les relations entre l’Europe et l’islam.

Domique Barberis évoquant sa rencontre
avec John Tolan

Succédant à Philippe Josserand, Dominique Barberis, romancière réputée, amie de longue date de John Tolan, évoqua avec humour les circonstances dans lesquelles elle fit la connaissance du nouveau membre de l’académie, par le biais d’une de ses amis qui épousa ce dernier.

En clôture de la séance, Michel Cocotier remit à Albert Moukeiber et à John Tolan, avec ses félicitations, la médaille de la ville de Nantes, avant le cocktail proposé à l’assistance.

Prix Sciences et société 2026

Sélection 2026 du Prix sciences et société

L’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire a créé en 2024 avec le soutien de Nantes métropole le Prix sciences et société. Cette initiative a été motivée par l’intérêt de prendre appui sur des œuvres pouvant être des vecteurs de médiation pertinents pour toucher une diversité de publics, afin de traiter de sujets de société à caractère scientifique et technique. Ce prix permet de faire découvrir la démarche scientifique, développer la connaissance du patrimoine scientifique et technique, comprendre les ressorts de nos sociétés technologiques, faire connaître le monde de la recherche, susciter des vocations scientifiques, ou encore découvrir la vie et l’œuvre de celles et ceux qui ont contribué aux avancées scientifiques.

Ce prix est mis en œuvre en partenariat avec les associations Tactiss – Territoire d’action culturelle : Techniques, Industries, Sciences et Société et Les Copains du Muséum. La sélection des ouvrages pour 2026 porte spécifiquement sur des bandes dessinées ou ouvrages graphiques :

Prix Sciences et société 2025

Neuromania d’Albert Moukheiber, Allary éditions

« Aujourd’hui, tout, ou presque, semble devoir trouver son explication dans le cerveau. Nos bonheurs, nos émotions, nos addictions, nos peurs, nos croyances, nos performances, notre capacité à changer individuellement ou collectivement ne seraient qu’un effet des interactions de nos neurones. Mais cette profusion de discours sur le cerveau – cette neuromania – se fait au prix de raccourcis, d’approximations, voire de contre-vérités. On ne peut pas réduire tous les problèmes à l’individu et à son cerveau, ni faire dire aux neurosciences et aux sciences cognitives ce qu’elles ne disent pas. En rendant accessibles les dernières études, Albert Moukheiber redonne la parole aux chercheurs et démêle le vrai du faux dans les discours sur le cerveau. Il nous libère ainsi de nombreuses idées reçues, et nous rend plus lucide sur nous-même et les autres. »

Le prix a été remis en Mairie de Nantes le 16 décembre en présence de l’auteur.

La sélection 2025

  • Sous la direction de Guillaume Carnino, Liliane Hilaire-Pérez, Jérôme Lamy, Histoire globale des techniques, CNRS Editions
  • Guy Brasseur, L’air et ses secrets, Une histoire des sciences de l’atmosphère, EDP Sciences
  • Christian Bréchot, La révolution des microbiomes, Odile Jacob
  • Mickael Launay, L’équation de la chauve-souris : de la poussée d’Archimède à la physique quantique, Hugo Publishing
  • Albert Moukheiber, Neuromania, Allary Éditions
  • Lionel Naccache, Sujet, es-tu là ? Odile Jacob
  • Jozée Sarrazin, Stéphanie Brabant, Atlas des abysses, Arthaud

Rencontre le 17 novembre 2025

à 16H30 à l’espace Cosmopolis

Explorateurs, missionnaires, archéologues, savants, journalistes,
fonctionnaires, commerçants, militaires, écrivains,
Ils ont noué une relation singulière et passionnée
avec l’Asie, ses habitants, ses cultures

Animée par Magie Magimel, la rencontre est organisée en partenariat avec Amitiés Vietnam Loire-Atlantique, l’Université permanente, les Cahiers du nem, avec la librairie Coiffard

Entrée libre

Prix littéraires 2025

Un ouvrage essentiel pour l’amateur ou le néophyte, heureux d’en savoir davantage sur le riche patrimoine d’un département fortement marqué par la présence de l’eau, entre fleuves et rivières, marais et océan.