Francophonie

France-Vietnam, un portail entre les cultures

Imaginez des salles fermées, secrètes, oubliées, hors d’atteinte, en France, au Vietnam.  Pleines de documents, relations de voyage, études sur les peuples, les animaux, les plantes, exposés sur les pratiques religieuses, les histoires des dynasties anciennes, l’architecture, les codes juridiques, la médecine, les traités d’éducations… Les premiers journaux imprimés, les manuscrits des anciens missionnaires, des sages venus d’Inde… Imaginez tout cela dispersé, en France, en Asie, pourri par l’humidité et la chaleur, à peine consultable. Imaginez le parcours du chercheur en quête de ces documents…

Et maintenant imaginez que tout, vraiment tout, est à disposition depuis son bureau, et sur son écran. Préservé de l’injure du temps. Numérisé. Accessible en quelques clics. Miracle, magie…

C’est ce qui advient en cette année 2019. Un « portail numérique » s’ouvre entre la France et le Vietnam, entre le passé et le présent aussi. Le Torii, ce portail traditionnel en bois, souvent peint en rouge, référence à la culture japonaise, est en général érigé à l’entrée d’un sanctuaire shintoïste. Il symbolise le passage entre l’enceinte sacrée et l’environnement profane. Ici le Torii ouvre à l’immense corpus numérique bientôt accessible à tous les chercheurs, amateurs, curieux, lecteurs, historiens et littéraires de tout genre et de toute origine.

A l’origine, c’est une décision politique prise en 2018 après un voyage en France du Secrétaire général du Parti communiste du Vietnam, suivi du voyage au Vietnam du Premier ministre français. Il s’agissait de renforcer les 45 ans de relations diplomatiques et 5 années de partenariat stratégique entre nos deux pays, de développement des relations économiques, et aussi culturelles.

La Bibliothèque nationale de France et la Bibliothèque nationale du Vietnam ont donc décidé d’un commun accord de numériser leurs fonds respectifs pour les mettre en commun. Ces fonds sont en partie liés à la période coloniale, mais pas seulement. D’une richesse et d’une diversité exceptionnelle ils restaient souvent difficiles d’accès, dispersés dans l’espace, parfois inconnus sinon de quelques spécialistes, fragilisés par le climat et les événements de l’Histoire. Bientôt, à partir de l’hiver 2019, ils seront totalement accessibles, grâce en particulier à Gallica. Ils seront aussi protégés de la disparition par l’usure du temps, du climat, des événements qui ont pu mettre en péril les bibliothèques du Vietnam.

Le lancement de ce magnifique projet a eu lieu lors d’un colloque organisé en mai par la BnF et l’Ecole normale supérieure, sous le titre de Un portail entre les cultures : de la littérature aux sciences humaines franco-vietnamiennes. Il a réuni rue d’Ulm des directeurs de fonds en français et en vietnamien de la BnF et de la BnVN, des Archives nationales de la France d’Outre-Mer, des Universités, des universitaires vietnamiens et français, des historiens, des spécialistes des études littéraires des auteurs français et vietnamiens.

L’intérêt de ce genre de rencontres est d’abord de connecter des personnes qui ne se connaissent pas forcément et qui ont ainsi l’occasion d’échanger et de nouer des contacts, mais aussi de rassembler différentes générations de chercheurs et de spécialistes. De jeunes universitaires de France et du Vietnam ont pu témoigner que les études franco-asiatiques étaient en plein renouvellement post colonial, portées par des regards neufs, sur «La littérature vietnamienne francophone », et en particulier les œuvres du grand Pham Van Ky, les « Histoires de rencontres cuturelles », « Le dépôt légal de l’Indochine, les sciences sociales et les études littéraires », « L’Histoire des fonds vietnamiens à la Bnf ».

Des « patrimoines partagés » entre la France et le Vietnam : c’est ce qui ouvre une ère nouvelle dans une assez longue histoire commune, désormais apaisée, toujours riche de découvertes à venir.

Henri Copin


Jeudi 16 mai, vendredi 17 mai 2019, colloque international Ècole Normale Supérieure et Bibliothèque nationale de France « Un portail entre les cultures : de la littérature aux sciences humaines franco-vietnamiennes »

Communication d’Henri Copin : Princesses des Cinq Dragons : cinq auteures contemporaines d’origine vietnamienne écrivent en Français


Nantes en Francophonie :

L’Académie est attachée aux partenariats qu’elle a noué avec Nantes-Métropole, le Passage Sainte-Croix, et La Maison de l’Afrique, notamment autour de la manifestation Nantes-en-Francophonie. Elle tient à affirmer ainsi sa vocation à l’ouverture sur les auteurs qui choisissent d’écrire en langue française.


Le 7 novembre 2018, dans le cadre du Festival Casa Palabres, à la Maison de l‘Afrique.

Noëlle Ménard a raconté « Les Américains noirs à Paris dans les Années folles ».

A partir de l’entrée en guerre des Américains en 1917, et à la suite de l’épopée des Harlem, Hell Fighters, premiers Américains décorés par la France après leurs 191 jours de combat.

Ils défileront à New York au son de leur orchestre de jazz dirigé par James Reese Europe.

Le Paris des Années Folles est un espace de création et d’effervescence, qui attire de nombreux créateurs américains. La jeune popularité du jazz accompagne le succès de lieux comme le Bal Nègre de la rue Blomet, puis la Revue Nègre au Théâtre des Champs Elysées, avec sa vedette Joséphine Baker. Sidney Bechet pourrait alors croiser Senghor et Césaire, ou la milliardaire non conformiste Nancy Cunard, auteur de la monumentale Négro Anthology, photographiée par Man Ray… tandis que Raphaël Elizé, originaire de la Martinique devient à Sablé le premier maire de couleur de France, avant de mourir en déportation à Buchenwald.

Picasso, Braque, Matisse, Derain illustrent le goût pour les arts d’Afrique et leur influence sur le jeune cubisme. Une époque de modernité culturelle autour des révélations des arts d’Afrique.

Le même jour, Henri Copin dialoguait avec Larissa Dogbo, docteur en littérature comparée de l’Université de Nantes, pour une thèse sur le romancier et dramaturge sénégalais Boubacar Boris Diop.

Ce puissant écrivain est en particulier l’auteur de Le Cavalier et son ombre (Stock, 1997) et de Murambi le livre des ossements (Stock, 2000), écrit à la suite d’une résidence de plusieurs auteurs au Rwanda, accédant aux archives et témoignages sur le génocide. Larissa a su montrer comment B B Diop mêlait culture africaine et culture philosophique d’origine occidentale pour traiter des thèmes liés à l’histoire récente de certains pays d’Afrique. L’entretien a également souligné la complexe relation entre les langues africaines et le Français, à laquelle se confronte l’écrivain. Un auteur trop mal connu, que cet entretien a permis de redécouvrir.


Le 22 mars 2019, dans le cadre de la Semaine de la Francophonie, à l’initiative de Ghislaine Lejard, le passage Sainte-Croix accueillait la poétesse Sanda Voïca, d’origine roumaine.

Sanda a publié dans les plus importantes revues littéraires bucarestoises poèmes, nouvelles, fragments de roman, et en 1999 le recueil Le diable avait les yeux bleus ( Diavolul avea ochi albastri) à  Bucarest.

Depuis son arrivée en France en 1999, elle écrit directement en français et vit en Normandie. Elle est l’animatrice (avec Samuel Dudouit) de la revue numérique  « Paysages écrits ».

Elle a publié plusieurs recueils, Exils de mon exil (éd Passage d’encres), Epopopoèmémés (éd Impeccables, 2015), Des couleurs en profondeur (éd du Petit Flou), Trajectoire déroutée (éd LansKine ).

Sanda a évoqué avec grande émotion son rapport à sa langue d’adoption, et a lu plusieurs extraits de son œuvre qui mettaient en valeur des phénomènes de musicalités différentes, ou d’approches culturelles à concilier.


MAISON DE L’AFRIQUE

Mercredi 7 novembre 2018, de 18h00 à 20h15

Conférence « Les Américains noirs à Paris dans les années folles 1920 »

  • par Noëlle Ménard

Conférence « Lire et relire, Boris Diop »

  • Larissa Dogbo, auteure d’une thèse de Doctorat sur Boubacar Boris Diop
  • Henri Copin

 FESTIVAL CASA PALABRES 2017

Organisé par notre partenaire fidèle CASA AFRICA

Programme :

A noter en particulier :

Semaine de la Francophonie 2016

Samedi 19 mars 2016 : 15h30

  • Cité des Congrès – Salle GH (Entrée libre)

Journée de la Francophonie

Conférence débat : « Ton avenir numérique c’est aujourd’hui ! »

La question du numérique et les enjeux du développement dans l’espace francophone : rencontre, conférence et débat sur les thèmes du numérique, du développement et de la jeunesse dans le cadre de la francophonie.

Conférence-débat, animée par Henri COPIN, autour de trois personnalités :

  • Vincent BEILLEVAIRE, Délégué général de la Fondation Université Numérique Ingénierie et Technologie
  • Gilles DUMONT, Président de l’Université Numérique juridique francophone
  • Luc MISSIDIMBAZI (Congo), coordinateur du projet Central African Backbone qui a pour but d’interconnecter les pays de la sous-région Afrique Centrale en fibre optique

Un partenariat Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire / Casa Africa / Amitiés Vietnam Loire-Atlantique.